Jeu de société

La reconnaissance des odeurs (en aveugle).

Je trouve que c’est un test/jeu amusant à faire en famille ou entre amis et tout le monde ou presque a ou peut avoir facilement le matériel nécessaire.

En plus, contrairement à certains jeux de société tout le monde à (presque) tout âge devrait facilement comprendre la règle essentielle : deviner le nom de la chose sentie !

Détail important en préambule : C’est à faire de préférence un peu à l’écart des prises d’aliments ou de boissons surtout s’il/elles sont très odorant(e)s…

Réunissez 5 à 10 matières à parfum, si vous en avez, sinon cherchez dans la cuisine, là encore une dizaine de matières : un peu d’oignon/ail légèrement écrasé, quelques autres légumes ou fruits écrasés, des épices, aromates, fromages, de la charcuterie… Faites-vous plaisir, tout ce qui sent est autorisé ! C’est beaucoup plus facile à deviner avec les aliments courants mais ça peut-être sympa quand même, surtout s’il y a des enfants !).

NB : Secs et pulvérisés, poivre, piment ou gingembre ont certes des propriétés sternutatoires amusantes …mais gardez les de côté pour une fois que seront finies les choses « sérieuses ».

Les adeptes de phytothérapie auront des huiles essentielles dans leur placard à pharmacie, ne faites pas dans l’exotique, prenez les plus connues (et une ou deux moins connues pour départager les plus expérimentés/doués).
Nos amis les « perfumistas », s’ils se réunissent en groupe, pourront évidement le faire avec des parfums.

Mettez tout ça dans des contenants neutres et cachez les matières visuellement reconnaissables dans un morceau de coton. Numérotez et faite une liste numéro-nom pour le contrôle. Voilà, rien de compliqué !

Vous verrez, même avec des choses que l’on pense faciles c’est déjà amusant de voir comme la plupart ne savent pas trop reconnaître et comme les réponses sont du coup souvent inattendues…
Finalement à ce jeu là vous verrez, pas de honte à avoir ! Presque tout le monde se révèle généralement assez mauvais pour que se soit amusant et que personne n’ait le sentiment d’être lui-même particulièrement mauvais (enfin je crois…).

Matières pures, ou plus on moins diluées c’est à vous de voir. (Il peut-être amusant aussi de voir les seuils de sensibilité selon la dilution également.)

Gens âgés ou enfants, différentes générations c’est encore plus amusant et finalement ça plaît souvent à tous les âges (d’autant que même à un âge avancé l’odorat se maintient souvent mieux que les autres sens excepté le toucher). Tout le monde peut participer et apporter sa propre façon de percevoir et raconter les odeurs.

Vous verrez, essayez et vous serez surpris, je pense que vous passerez un bon moment !

De façon totalement facultative (je décline toute responsabilité etc…) si vous le souhaitez, vous pouvez toujours ajouter des règles diverses et variées (plus ou moins débiles comme toujours…) selon l’âge et le style de vos joueurs.
Quelques exemples :

– Donner une note sur 10 pour le nombre de matières devinées puis attribuez des titres honorifiques selon la note, de « Grand nez » à « Beau nez d’âne », en passant par « Nez rudit », « Nez pour ça », « Nez t’es pas là » et « Nez choué » ou pour celui qui mélange beaucoup les nom et les odeurs « Nez changiste »… (désolé, ce ne sont que des exemples :p)

-Une autre option est de donner des bonus-malus selon les choses bien ou mal devinées… Par exemple pour les aliments, devoir manger (une fois qu’on a tout fini de sentir !) une bouchée des aliments que l’on aura mal (ou bien) devinés… Pour les parfums pareil, enfin ne pas les boire surtout, mais se parfumer d’une pulvérisation de ceux qu’on aura mal (ou bien?) devinés (Oui c’est méchant ça !   Du premier sur lequel vous vous serez trompés seulement peut-être, sinon quelle horreur !   Surtout si vous allez en boîte après c’est cruel, encore que…faut voir.)

-Évidement, entre adultes consentants on peut toujours faire un strip-sniffing… Je ne vous fais pas de dessin (Et attention, on ne sniffe rien d’interdit par la loi ou de dangereux !)

Dans tous les cas ou il y a un malus à la clé, essayez d’adapter les matières choisies pour que la difficulté soit bien équilibrée, sinon il risque d’y avoir des mécontents ou des traumatisés…

(Que vous ayez ou pas ajouté des règles absurdes sur l’idée de base, n’hésitez pas à nous raconter vos expériences en commentaires !   Comme ça si en fait ça n’amuse personne j’efface l’article ! :D)

A savoir, en bonus, ça exerce un peu les nez au passage ce qui est très bien car en quelques semaines seulement, le nez de souris « normales » peut-être « développé » ou « atrophié » selon qu’on les soumet quotidiennement à des odeurs différentes ou qu’au contraire on les prive d’odeurs. Si ma mémoire est bonne dans le premier cas le nombre de récepteurs (et/ou terminaisons nerveuses) double, dans l’autre cas il est divisé par 10, et je le répète, ça se fait en quelques semaines seulement !

Il serait donc important d’utiliser son nez régulièrement pour lui garder ou lui rendre toute sa sensibilité ! 😉

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Testez votre nez !

C’est une expérience qui supposera d’observer un peu autour de vous (et selon les régions ce sera plu ou moins facile) pour trouver les plantes indiquées plus bas.

Une expérience assez suggestive du fait que l’on peut être plus ou moins anosmique à certaines odeurs et hypersosmique à d’autres et que de plus, une plante n’est pas aussi odorante selon le moment de la récolte (selon l’heure de la journée, la saison et la météo du jour), le terroir, et les particularités génétiques de la population végétale… Mais peu importe que vous sentiez précisément ce que je sens.

  1. Je ne sens rien
  2. Je sens une odeur
  3. Je peux dire que c’est pour moi une bonne ou une mauvaise odeur
  4. Je peux décrire ses facettes, des similitudes avec des odeurs connues…

Bien entendu, selon que vous arrêtez de répondre oui aux questions de 1 à 4 on pourra penser que votre nez est plus ou moins sensible (si ce n’est dans l’absolu, au moins à ces odeurs là) :

1 – très peu, 2 – peu, 3 – moyennement, 4 normalement sensible, voire un peu au dessus de la moyenne et au moins vous êtes assez attentif aux odeurs …

Bien que ces plantes puissent comme les autres être plus ou moins odorantes selon les lieux / climats / moment auxquels on les sent. Je vous suggère de faire ce test sur trois fleurs, quand vous en aurez (ou en créerez) l’occasion.

Pour moi ces trois fleurs sont généralement assez peu odorantes, je les classe de celle que je trouve la moins odorante à la plus odorante.

La première des trois, la saponaire est donc la meilleur pour faire ce test puisque moi-même, pour elle je peine certaines fois à répondre oui à la question n°4. Je vous conseil de couper la plante assez bas pour sentir les fleurs du haut sans sentir l’odeur de la tige coupée qui vous gênerait.

Les deux suivantes, Buddleia et Onagre, sont presque toujours assez odorantes, elles consoleront les hyposmiques qui devraient  au moins répondre oui aux questions 1 à 2, voire 3, les concernant.

Bon, pour compliquer un peu les choses il y a aussi des espèces apparentées plus ou moins odorantes et selon d’où vous me lisez, vous ne croiserez pas forcément tous les mêmes espèces… Tant pis, à moins de vous faire préparer une solution dilué d’un produit universellement répandu et homogène, ce test ne peut-être qu’approximatif. J’espère seulement que ce sera un efficace encouragement à sentir par vous-même.

Que ceux qui ont du mal à sentir ces fleurs ne pensent pas leur nez définitivement perdu. La plupart du temps il n’en est rien, le nez se développe en l’exerçant c’est un fait connu chez l’homme, surtout les parfumeurs… et démontré biologiquement chez les souris, j’en parlerai peut-être un peu plus un jour… Peut-être avez vous simplement perdu l’habitude de sentir, peut-être avez vous une congestion nasale passagère (allergie, rhume…) peut-être aussi prenez vous un médicament dont un effet secondaire est l’anosmie (généralement temporaire…).

Pas de panique !   Si l’appétit vient en mangeant, l’odorat vient en sentant !

Je vous suggère donc de chercher et sentir ces trois fleurs :
(Dont à ma connaissance, aucune n’est utilisée ni raisonnablement utilisable en parfumerie…)

photo de Saponaire

Photo de saponaire (Saponaria officinalis) par "TeunSpaans"

Photo de Buddleia

Photo de Buddleja davidii par "Drow_male"

photo d'Onagre

Photo de l'onagre (Oenothera biennis) par Georg Slickers

Ne souhaitant pas fausser votre expérience, je donne mes descriptions des trois odeurs en commentaire à ne pas lire (ou à oublier très vite) tant que vous n’aurez pas essayé de les sentir !

En fleur (ons)

Vos commentaires encourageants de l’article sur l’enfleurage m’ont poussé à vous faire partager ça dès maintenant car c’était prévu de longue date mais là c’est le moment ou jamais pour que vous puissiez en profiter, c’est la saison, ça commence à fleurir !

Voici donc la petite présentation d’un arbuste en fleur en ce moment (dans ma région) et qui mérite un enfleurage !

L’Eleagnus

Comme vous l’avez déjà compris j’aime tout particulièrement cette plante (et son odeur).

Pour la plupart, vous avez dû en croiser souvent sans savoir ce que c’était et sans lui prêter une grande attention, peut-être même avez vous senti l’odeur puissante de ses fleurs sans les voir, peut-être même sans parvenir à dire de quelle plante des environs était sortie cette odeur… J’ai été dans ce cas également les premières fois ou j’ai senti cette odeur ! 🙂

Si je vous dit que c’est un arbuste (un peu) épineux servant à faire des haies sur lesquelles on ne voit généralement pas de fleurs ça ne semble pas très excitant…

Pourtant, cet arbuste très utilisé du fait de sa résistance (à presque tout), de sa vigueur et de la persistance de ses feuilles qui en font un incontournable des haies est aussi une plante remarquablement odorante au moment de la floraison.

En fait il a même encore des nombreux avantages.

Il est simple mais je le trouve beau, y compris dans sa version au feuillage panaché de jaune qui sait éviter de donner l’impression de plante en plastique qu’on a parfois avec les plantes ornementales à feuillage panaché.

Ses fruits sont comestibles, ce sont de petites baies allongées aussi discrètes que ses fleurs.

Photo d'un Eleagnus x ebbingei en fleur

Un Eleagnus x ebbingei en fleur (photo de Jean-Jacques MILAN)

Mais surtout, revenons-en à son odeur !

Les petites fleurs cachées à l’aisselle des feuilles ont l’originalité d’apparaître à la fin de l’été, dès mi août ou au début de septembre et jusqu’aux premiers froids d’octobre.
Elles sont assez coriaces, résistantes comme le reste de l’arbre, elle peuvent sentir pendant 48 h même posées au sec dans la maison, elle conviennent donc bien à l’enfleurage à froid ou elles n’ont pas tendance à moisir trop vite.

Elles diffusent généreusement un parfum puissant que je sens généralement à plusieurs mètres, je l’ai souvent senti en courant, parfois même en passant en voiture. J’ai même pu dans certains cas sentir un seul arbuste à près de vingt mètres !

Pour vous en décrire l’odeur, c’est un parfum floral discrètement épicé à elle seule !
J’y trouve un côté œillet bien prononcé avec quelque chose de plus tropical. L’élégance enivrante de certaines orchidées comme les Platanthera ou les Epipactis sans le fond vanillé.

J’ai perdu ma description (écrite je ne sais plus trop où le weekend dernier) et n’ai pas de fleurs sous la main, ni sous le nez du coup… mais je crois l’avoir assez bien en mémoire pour vous la décrire correctement.

Il y a en tête ce coté verdure presque animale que je trouve dans une jacinthe ou certains lilas, quelque chose qui tire discrètement vers une mousse terreuse ou un champignon. Mais c’est fugace et discret, on bascule très vite vers œillet et jasmin, pour affiner je dirais surtout les facettes ylang-ylang et clou de girofle de l’œillet puis du jasmin grandiflor avec son côté fleur du sud, chaude un peu fruitée et vaguement animale.

Au final c’est pour moi une des fleurs dont l’odeur est la plus magique, presque un parfum à elle seule, provocante mais pas trop, sirupeuse sans rien d’ écœurant ou de franchement sucré, épicée sans en gâcher le côté absolument floral, le côté frais  de mousse verte de champignon et les notes animales donnent de la profondeur sans lourdeur.

Et puis avec son bouquet de fleurs de jacinthe, ylang-ylang, œillet et jasmin, comment ne pas l’aimer ?

A moins que vous ne soyez absolument hostiles à l’œillet ou à ylang-ylang avec une pointe de clou de girofle je pense qu’elle est à chercher dans les haies environnantes si vous n’en avez pas au jardin et à faire absolument en enfleurage d’arrière saison !

(Ils en mettent très souvent dans les haies des lieux publics aussi, personne ne vous reprochera de leur voler une tasse de fleurs de-ci de-là… ;-))

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