So british ! « Musc » de Percy Kemp

Cette fois c’est mon avis sur Musc que je vais vous livrer.

Je vous présente son créateur, Percy Kemp, un britannique né à Beyrouth en 1952, de père britannique et mère libanaise. Sa particularité ? Etre consultant pour une société spécialisée dans le renseignement stratégique… et finalement auteur, en français ! Car oui, le « Musc » de Kemp est un roman, pas un parfum !

Auteur de romans d’espionnage avant tout, pour ce livre, son premier, c’est surtout à un roman ironique à l’humour très anglais que nous avons à faire.

Il y a une histoire de parfum vous vous en doutez, de musc en particulier et toute cette histoire tourne autour des conséquences cocasses ou douloureuses voire dramatiques de la disparition du musc tonkin dans le parfum et donc la vie de Monsieur Eme.

Elégant espion à la retraite et toujours séducteur, il avait choisi ce parfum depuis 40ans et pour la vie…

Cerf porte-musc photographié par F. Spangenberg au zoo de Berlin

Ce musc, le vrai, le seul, celui qu’on tirait de la glande du cerf porte-musc (appelé improprement chevrotain), va par son absence profondément troubler monsieur Eme. Si la petite maison grassoise à production artisanale osait encore l’utiliser, la grosse machine à parfum (qui a dit LVMH ?) qui la rachète s’empresse bien entendu de mettre ses chimistes et ses nez (c’est souvent la même chose de nos jours) sur la reformulation d’un « Musc » optimisé à coup de parfaits remplaçants artificiels. Mais la conformité attestée par le nez maison est démentie par les nez de M Eme et de sa maîtresse, qui ne s’y trompent évidemment pas !

S’en suivent tout une série d’évènements racontés dans ce que j’appellerai la deuxième partie du livre et sur lesquels je ne dirai rien pour vous les laisser découvrir par vous même si le cœur vous en dit. (Si vous tenez à en savoir plus malgré tout, vous pouvez visionner cette présentation vidéo rapide qui va un peu plus loin dans la description du déroulement de l’histoire)

"Musc"  (Percy Kemp)

Ce fût une lecture agréable, ça se lit vite, j’ai eu le sentiment de lire une grosse nouvelle.

Pour les amateurs de parfum, je dirais que les notes de têtes sont assez intéressantes, presque envoûtantes, l’étrange absence de notes de cœur laisse immédiatement place en fond à un côté aigrelet amusant qui manque tout de même peut-être un peu de corps… par manque de musc véritable sans doute.

Globalement ce musc ne manque tout de même pas d’originalité et j’ai passé un très bon moment, merci monsieur Kemp !

Moins british, plus latin, « Musc » de NezHerbes !

Personnellement, ça m’a permis de voyager un peu et de me lancer, inévitablement, dans une sorte de reconstitution, naturelle et sans doute très personnelle du musc tonkin que je n’ai jamais senti seul et dont je n’ai qu’une image assez floue, essentiellement d’après descriptions.

Fidèle ou pas, j’ai trouvé ma composition intéressante, je n’ai pu m’empêcher d’y intégrer du Bois d’agar, le fameux « Oud » (appelé aussi bois de Oud, ou agarwood ou bois d’Aloès…), souvent plus décrit comme boisé fumé que comme ayant  l’odeur des boucs du parc auxquels je donnais du pain rassi dans mon enfance, c’est pourtant a perception que j’en ai, inévitablement je revois boucs et chèvres et je dois avouer que c’est une odeur que j’affectionne, peut-être parce que j’aimais leur donner des quignons de pain !(?)

Au final, la courte formule de ma base musc est (en nombre d’ingrédients) au 2/3 végétale (Oui j’utilise de l’animal ! Honte à moi ? Non même pas… mais j’en reparlerai prochainement). Je trouve le résultat intéressant, évidement puissant, rémanent très animal mais finalement, malgré le côté un peu sale que je n’ai pas voulu gommer, la chose est agréable à mon nez et pour ma part je la trouve même plutôt addictive… ce musc aurait donc peut-être trouvé grâce au nez de monsieur Eme qui tout comme moi, n’a pas pu se faire aux muscs synthétiques !

A propos de parfums britanniques ou latins je me suis étonné du choix du musc pour ce monsieur Eme, français mais pourtant si anglais. Bien que séducteur conquérant, je l’aurais imaginé plus classique et discret, plus anglais, savon à barbe , lavande, rose et vétiver ? ou peut-être un brin plus sportif, lavande, basilic, menthe et vétiver ?

Je voyais le musc un peu trop latin ou oriental pour lui  mais peut-être M Eme avait-il en fait des origines libanaises comme son créateur ?

Sans pour autant avoir une grande maîtrise de ce sujet qui a dû être disséqué par ces messieurs du « markétinge ». Etant l’époux d’une latino-américaine, je constate parfois combien la perception des odeurs est culturelle et à ce titre, il est fort possible qu’un jour je rédige un billet sur ce sujet que je trouve intéressant car source de diversité olfactive en parfumerie !

En aparté,

Message à Percy Kemp

(oui j’ose, qui sait ? l’espoir fait vivre !)

Je serais heureux de savoir si l’auteur du roman est lui même passionné de musc, et/ou de parfums, (naturels qui plus est ?)

Et votre singularité d’auteur presque un peu espion, mi libanais mi anglais et un peu français fait que je serais heureux de m’essayer à la conception d’un parfum tout aussi singulier pour vous, si étiez tenté par l’expérience.
J’en serais honoré et je vous le promets M Kemp, je ne ferais tout de même rien qui vous fasse risquer la même addiction que celle de monsieur Eme !   Encore que… qui sait ?

Cette offre de création personnalisée n’est évidement valable que pour M Kemp, s’il le souhaite (et me lit un jour). Il est possible de me joindre en privé en tant que nezherbes (at) gmail point com ou plus simplement par le lien « contacter l’auteur »  en bas de la page « Un blog par qui et pourquoi ? »