Les experts ou la vérité si je mens…

Vous vous demandez si je vais parler cinéma et séries télé ?

Mais non voyons c’est inutile, en parfumerie la réalité dépasse souvent la fiction et en tous cas se confond avec elle par des légendes soigneusement entretenues.

J’ai récemment lu des choses me paraissant ineptes, des propos rebattus par ceux qui d’une façon ou d’une autre nous vendent du parfum chimique. En particulier cette affirmation : « …il est important de rappeler aux consommateurs que sans la synthèse, il n’y aurait pas de beaux parfums. »

Dit comme ça, de la bouche d’un « expert » (Oui, ce Monsieur insiste bien sur le fait qu’il est un « expert ».) ça ne souffre donc pas la controverse !

Mais … malheureusement avec moi ça ne prends pas.

S’il est évident que la chimie de synthèse a influencé l’évolution de  la parfumerie (Forcément, puisque les parfumeurs ont voulu l’utiliser…) nul ne peut prétendre savoir ce que serait devenue la parfumerie pré-industrielle en l’absence de cette influence.

Sur un blog de perfumista amie (Heidiandthebigbat) qui parlait de l’article et du personnage en question j’ai osé donner mon avis sur les propos de ce Monsieur, après tout en France on a bien encore le droit de dire que l’on est pas d’accord avec ce qu’un prétendu expert a écrit, non ?

Je ne suis pas là pour brosser dans le sens du poil, je ne le fais que quand je juge ça mérité et là ça ne l’était pas !

Il est vrai que le ton était corrosif mais un certain dialogue aurait pu s’engager, sauf que …ce Monsieur préfère couper court quand ses arguments tout faits ne fonctionnent pas, il a donc jugé bon de censurer sur son blog un commentaire qui n’avait pourtant rien d’offensant.

Je ne cherche pas la guerre, je contribue seulement à faire émerger certaines vérités que ce Monsieur aimerait voir reléguées aux abysses.

Sans chercher à nuire (au contraire je lui fait de la pub…) pour que chacun puisse se faire sa propre idée, voici le lien vers l’article en question, « Matières premières naturelles ou synthétiques ? L’éternel faux débat » écrit par M Nicolas Olczyk « expert du parfum » et « spécialiste des tendances et de la veille ».

Pour moi, rien que le titre de l’article sonne faux, pourquoi écrire sur ce sujet en alimentant un débat qui n’aurait soit-disant même pas lieu d’être ?

Pour la suite voici le commentaire qu’il a jugé bon de censurer :
(Finalement, suite au présent article il a en fait publié mon commentaire « sous réserve » … sous réserve de quoi on ne sait pas bien mais peu importe.)

Tout d’abord, je remarque qu’il y a presque toujours un mélange des genres bio/naturel quand on parle de parfums naturels. Le parfum bio est en principe forcément naturel mais le naturel n’a pas forcément à être bio. Qu’un parfum soit naturel ET bio au lieu de « simplement » naturel n’induit pas forcément une modification significative de son odeur en revanche, essayez de recomposer en 100% synthétique un parfum naturel, vous aurez des surprises… (Vouloir reproduire un parfum synthétique par du naturel je n’en parle même pas ce serait une utopie.)

Ensuite c’est extrêmement réducteur de comparer la parfumerie naturelle moderne à la parfumerie du temps de Marie-Antoinette.

On entend toujours cette rengaine alors qu’aucun de nos contemporains n’ont pu mettre le nez sur un parfum du 19ème siècle (ou alors je n’ose pas imaginer l’état d’un parfum aussi ancien) et il est de nos jours impossible de les refaire à l’identique, ne serait-ce que par absence d’extraction par enfleurage, alors en dire du mal c’est facile mais si nous pouvions les sentir nous aurions peut-être des surprises…

De toutes façons, comme je viens de le dire, nous ne referons pas les parfums de cette époque, quand bien même le voudrions-nous c’est impossible mais surtout, de nos jours la façon de concevoir le parfum n’est pas la même, y compris en naturel, les parfums à base de synthétique voire d’artificiel ont changé les habitudes des nez comme celles des utilisateurs de parfums. Enfin, sans même parler d’isolats et autres biosynthèses à la frontière du naturel, il est évident qu’un absolu obtenu par extraction aux solvants volatils n’existait pas plus au temps de Marie-Antoinette qu’un extrait sélectif au CO2 supercritique, le « nez naturel » moderne a donc une palette bien différente et nettement plus étendue que celle des parfumeurs de cette époque !

Si je comprends et trouve une certaine légitimité à votre « quelle tristesse de s’interdire toutes les belles odeurs qui existent dans les chefs d’oeuvre de la parfumerie » pour ma part c’est le choix que je fais mais le fais sans aucune tristesse.
Mais surtout vous savez bien que de toutes façons l’immense majorité des chefs d’œuvre de la parfumerie a déjà été reformulée, que ce soit pour raisons « écolo-éthiques » comme pour le musc naturel, économiques comme les absolues obtenues par enfleurage, ou parce que certaines des molécules naturelles ou synthétiques qui s’y trouvaient n’étaient plus compatibles avec les standards IFRA actuels et parfois réellement dangereuses (comme les muscs nitrés, en particulier le musc ambrette -à ne pas confondre avec l’huile essentielle d’ambrette-).

Enfin, il y a également des exemples de toxicité qui devraient inciter à plus de prudence et à respecter un peu plus la « sagesse » de la nature ou du moins les formidables équilibres que le monde vivant avait su mettre en place avant que l’homme ne commence à vouloir contrôler les molécules.

Le plus frappant est selon moi le cas du méthyl-chavicol (ou estragole).

Pour le résumer disons simplement qu’autour de l’an 2000, cette molécule naturellement très présente dans le basilic et l’estragon mais également quelques autres épices et aromates (et également très utilisée dans sa version d’origine synthétique) a été déclarée cancérigène suite à des expérimentations faites sur des rats.
Même si l’info est resté assez confinée au monde des spécialistes, elle a créé des remous, l’homme (enfin l’industriel surtout…) ayant voulu dans son arrogance et son avidité habituelle utiliser le méthyl-chavicol synthétique en abondance dans les produits agroalimentaires, les parfums et autres cosmétiques.

Une étude publiée en 2007 (« Bioactivation and genotoxicity of the herbal constituents safrole, estragole and methyleugenol » (accessible à http://edepot.wur.nl/121896)) à démontré qu’il n’était pas vraiment cancérigène quand il était sous sa forme naturelle typique d’extrait de basilic. (Car visiblement, à force de consommer des plantes contenant du méthyl-chavicol la sélection naturelle a favorisé les hommes dont le corps est capable de ne pas changer le méthyl-chavicol de celles-ci en métabolite cancérigène alors que quand la molécule est isolée ça se passe comme si notre corps ne la reconnaissait pas, il la traite de manière inadaptée et finalement néfaste puisque c’est en voulant l’éliminer qu’il la convertie en un métabolite cancérigène.)

L’IFRA s’était en tous cas empressée d’interdire sa présence à plus de 0,2% dans les parfums, malheureusement y compris s’il est apporté par un quelconque extrait de basilic… (Depuis 2007 cette étude n’a visiblement toujours pas été prise en compte et elle ne le sera probablement jamais, on ne va quand même pas favoriser le naturel au détriment d’une certaine industrie…)

Voilà, vous avez pu lire le commentaire qui fut censuré par un expert du parfum et de la veille des tendances… Sans doute parce que ce que j’explique pourrait contribuer à favoriser le lent retournement actuel de la tendance qui lui est chère (ou qui lui est précieuse devrais-je dire ?). J’en déduit que M Olczyk ne veille pas seulement la tendance, il voudrait la contrôler à sa guise en incitant le bon peuple à acheter ce qu’il juge bon de vendre.

En tous cas merci Monsieur l’expert, par la censure (finalement devenue très partielle maintenant que je l’ai publié ici et que vous l’avez accepté « sous réserve chez vous) de ce commentaire vous avez su faire passer bien plus d’informations intéressantes que par vos articles.

Jeu de société

La reconnaissance des odeurs (en aveugle).

Je trouve que c’est un test/jeu amusant à faire en famille ou entre amis et tout le monde ou presque a ou peut avoir facilement le matériel nécessaire.

En plus, contrairement à certains jeux de société tout le monde à (presque) tout âge devrait facilement comprendre la règle essentielle : deviner le nom de la chose sentie !

Détail important en préambule : C’est à faire de préférence un peu à l’écart des prises d’aliments ou de boissons surtout s’il/elles sont très odorant(e)s…

Réunissez 5 à 10 matières à parfum, si vous en avez, sinon cherchez dans la cuisine, là encore une dizaine de matières : un peu d’oignon/ail légèrement écrasé, quelques autres légumes ou fruits écrasés, des épices, aromates, fromages, de la charcuterie… Faites-vous plaisir, tout ce qui sent est autorisé ! C’est beaucoup plus facile à deviner avec les aliments courants mais ça peut-être sympa quand même, surtout s’il y a des enfants !).

NB : Secs et pulvérisés, poivre, piment ou gingembre ont certes des propriétés sternutatoires amusantes …mais gardez les de côté pour une fois que seront finies les choses « sérieuses ».

Les adeptes de phytothérapie auront des huiles essentielles dans leur placard à pharmacie, ne faites pas dans l’exotique, prenez les plus connues (et une ou deux moins connues pour départager les plus expérimentés/doués).
Nos amis les « perfumistas », s’ils se réunissent en groupe, pourront évidement le faire avec des parfums.

Mettez tout ça dans des contenants neutres et cachez les matières visuellement reconnaissables dans un morceau de coton. Numérotez et faite une liste numéro-nom pour le contrôle. Voilà, rien de compliqué !

Vous verrez, même avec des choses que l’on pense faciles c’est déjà amusant de voir comme la plupart ne savent pas trop reconnaître et comme les réponses sont du coup souvent inattendues…
Finalement à ce jeu là vous verrez, pas de honte à avoir ! Presque tout le monde se révèle généralement assez mauvais pour que se soit amusant et que personne n’ait le sentiment d’être lui-même particulièrement mauvais (enfin je crois…).

Matières pures, ou plus on moins diluées c’est à vous de voir. (Il peut-être amusant aussi de voir les seuils de sensibilité selon la dilution également.)

Gens âgés ou enfants, différentes générations c’est encore plus amusant et finalement ça plaît souvent à tous les âges (d’autant que même à un âge avancé l’odorat se maintient souvent mieux que les autres sens excepté le toucher). Tout le monde peut participer et apporter sa propre façon de percevoir et raconter les odeurs.

Vous verrez, essayez et vous serez surpris, je pense que vous passerez un bon moment !

De façon totalement facultative (je décline toute responsabilité etc…) si vous le souhaitez, vous pouvez toujours ajouter des règles diverses et variées (plus ou moins débiles comme toujours…) selon l’âge et le style de vos joueurs.
Quelques exemples :

– Donner une note sur 10 pour le nombre de matières devinées puis attribuez des titres honorifiques selon la note, de « Grand nez » à « Beau nez d’âne », en passant par « Nez rudit », « Nez pour ça », « Nez t’es pas là » et « Nez choué » ou pour celui qui mélange beaucoup les nom et les odeurs « Nez changiste »… (désolé, ce ne sont que des exemples :p)

-Une autre option est de donner des bonus-malus selon les choses bien ou mal devinées… Par exemple pour les aliments, devoir manger (une fois qu’on a tout fini de sentir !) une bouchée des aliments que l’on aura mal (ou bien) devinés… Pour les parfums pareil, enfin ne pas les boire surtout, mais se parfumer d’une pulvérisation de ceux qu’on aura mal (ou bien?) devinés (Oui c’est méchant ça !   Du premier sur lequel vous vous serez trompés seulement peut-être, sinon quelle horreur !   Surtout si vous allez en boîte après c’est cruel, encore que…faut voir.)

-Évidement, entre adultes consentants on peut toujours faire un strip-sniffing… Je ne vous fais pas de dessin (Et attention, on ne sniffe rien d’interdit par la loi ou de dangereux !)

Dans tous les cas ou il y a un malus à la clé, essayez d’adapter les matières choisies pour que la difficulté soit bien équilibrée, sinon il risque d’y avoir des mécontents ou des traumatisés…

(Que vous ayez ou pas ajouté des règles absurdes sur l’idée de base, n’hésitez pas à nous raconter vos expériences en commentaires !   Comme ça si en fait ça n’amuse personne j’efface l’article ! :D)

A savoir, en bonus, ça exerce un peu les nez au passage ce qui est très bien car en quelques semaines seulement, le nez de souris « normales » peut-être « développé » ou « atrophié » selon qu’on les soumet quotidiennement à des odeurs différentes ou qu’au contraire on les prive d’odeurs. Si ma mémoire est bonne dans le premier cas le nombre de récepteurs (et/ou terminaisons nerveuses) double, dans l’autre cas il est divisé par 10, et je le répète, ça se fait en quelques semaines seulement !

Il serait donc important d’utiliser son nez régulièrement pour lui garder ou lui rendre toute sa sensibilité ! 😉

Tu sais que tu es « nez » quand…

(En écho à l’excellent article : http://dr-jicky-and-mister-phoebus.blogspot.com/2011/07/tu-sais-que-tu-es-un-perfumista-quand.html)

La définition (d’après wiktionary) :

un nez...

Un nez…

nez

nom masculin

(Anatomie) Partie saillante du visage entre la bouche et le front couvrant l’organe communiquant avec les poumons permettant de sentir et de respirer.

Mais surtout : (Par métonymie) (Cosmétologie) Créateur de parfums.

Donc, tu sais que tu es un « nez (naturel) » ou devrais l’être, ou le devenir… quand :

  1. Tu peux non seulement te représenter mais surtout sentir une odeur assez distinctement (avec ses différentes facettes) rien qu’en y pensant.
  2. Tu sens tout  ce qui t’entoure et même tes doigts et mains plusieurs fois par jour, dès que tu as touché un aliment, des clés, un savon ou n’importe quoi qui est ou pourrait être odorant d’ailleurs… En fait tu fais ça au moins 5 fois, même les jours ou tu ne travailles sur aucun parfum si tu manipules des choses odorantes ce jour là tu dois bien pouvoir les sentir une centaine de fois.
    Non, ce n’est pas un toc, c’est de la curiosité olfactive !
  3. Tu passes régulièrement du temps à relire attentivement les douze pages du tableau résumant les recommandations de l’IFRA. (Avec un peu l’impression que c’est une liste de fatwas énoncées par je ne sais quelle bande d’intégristes du cosmetochimiobusiness.)
  4. Tu as presque toujours des touches, souvent dites « mouillettes » qui traînent sur ton(tes) bureaux et ta voiture, et assez régulièrement aussi dans tes poches. Pareil pour les flacons en tous genres qui traînent partout ou tu travailles/vis/manges/dors/te lave… et parfois même dans ta voiture.
  5. Quand tu sens une personne, (si tu ne connais pas le nom de son parfum) tu dis qu’il/elle sent des noms obscurs de molécules que peu de gens ont déjà entendu alors que toi tu pourrais souvent donner des dizaines de détails les concernant. Quand tu leur trouves des odeurs de plantes c’est d’ailleurs un peu pareil…
  6. Tu sais instantanément nommer le parfum de ta compagne/ton compagnon quand il/elle vient de le mettre, même s’il/elle est dans une autre pièce ou en tous cas encore loin de toi. Du coup quand il/elle te demande si tu as senti ce qu’il/elle a mis comme parfum tu trouves ça touchant de naïveté.
  7. Tu passes ton temps à manier accords et notes, tu utilises des touches et des orgues, tu parles d’harmonie et de dissonance. Tu composes même… mais pas des musiques, tu ne connais peut-être même rien au solfège !
  8. Tu imagines souvent, presque n’importe quand et à peu près n’importe où, des accords olfactifs ou des parfums.
  9. Tu ne peux même pas imaginer de goûter un aliment/plat sans le sentir attentivement avant.
  10. Tu rêves de trouver certaines huiles essentielles, absolues ou certains extraits au CO2 supercritique.
  11. Tu as déjà eu l’occasion de : sentir une personne plusieurs minutes après son passage (parfois sans l’avoir vue, parfois à 30 mètres…) sentir qu’il y avait un problème dans la cuisine en étant dans le jardin à 20 m de la fenêtre, savoir déjà assez souvent et précisément ce que tu vas manger en entrant dans une maison, sentir des champignons avant de les voir, sentir des fleurs avant de les voir en étant à plus de 10 ou 20 mètres… (On a beau dire que c’est l’apprentissage des odeurs qui compte plus que la sensibilité olfactive… Je pense qu’une sensibilité particulière n’est pas inutile.)
  12. Tu préférerais (presque) avoir une jambe cassée que le nez bouché, ou en tous cas ça te désespère au plus haut point. (Parfois tu essaies de sentir des choses et de travailler à tes compositions quand même.)
  13. Tu trouves « intéressantes » presque toutes les odeurs même la plupart de celles qui sont juste des puanteurs pour les autres.
  14. Tu t’es parfois levé dans la nuit pour noter des accords que tu as peur d’oublier si tu ne le fais pas tout de suite… et souvent tu les as en fait testés avant de te recoucher car tu avais trop envie de savoir tout de suite ce que ça donnerait vraiment.
  15. Tu imagines parfois plus ou moins inconsciemment ce que pourraient sentir les gens pour que ça aille bien avec ce que tu vois/connais d’eux, parfois même des inconnu(e)s.
    (ci-dessous, ajout 28/07/2012)
  16. Tu as déjà dû t’éloigner assez loin d’une voisine trop parfumée dans un lieu public. Pas qu’elle sente mauvais mais juste trop !
  17. Tu as souvent dû fuir où demander à changer de place dans des restaurants pour cause d’odeurs indésirables.

Etranges non, ces gens qui sentent tout et imaginent sans cesse des odeurs ?

Cette liste est une première ébauche faite en vitesse, je n’ai pas tout raconté, d’ailleurs tout n’est pas très racontable tant ça pourrait paraître bizarre

J’imagine toutefois que cette liste va s’allonger peu à peu, au fil des idées que j’aurai ou que vous me suggérerez par commentaires… (?)

Previous Older Entries