Bonne année 2012 !

Que cette nouvelle année vous garde en bonne santé (ou vous la rende…) et vous apporte tout ce que vous souhaitez… et même plus encore !

Le blog est en pause depuis quelques mois déjà. J’ai des idées plein la tête et il y a des articles de prévus, même quelques uns qui sont déjà partiellement écrits mais faute de temps (ou, d’une envie suffisante pour prendre le temps ?) je n’ai rien publié ces derniers mois…

L’envie renaissant peu à peu il est probable que prochainement (puis de temps en temps) vous trouviez ici un nouvel article mais je ne pense pas pour le moment reprendre le rythme de publication que j’avais au plus fort de 2011.

N’oubliez pas de participer par vos commentaires car même si je peux voir le nombre de visiteurs et d’abonnés, le plus encourageant est généralement dans les commentaires…

Belle année encore à vous tous et à bientôt !

R.I.P. cristallerie française

Baccarat est mort !

Ou du moins on ne trouve plus de flacons à parfum dans leurs boutiques, j’ai demandé mais “désolé, nous n’en faisons plus”. Sur commande spéciale ils en feraient peut-être encore mais bon… l’abeille Guerlain coûtait vraiment très cher pour le commun des mortels et tout le monde ne s’appelle pas Guerlain.

Heureusement, en Europe centrale (république tchèque) ils font encore de beaux flacons en cristal de Bohème !

Mais quelle tristesse de voir tout l’artisanat autour de la parfumerie française disparaître avec elle !

Les experts ou la vérité si je mens…

Vous vous demandez si je vais parler cinéma et séries télé ?

Mais non voyons c’est inutile, en parfumerie la réalité dépasse souvent la fiction et en tous cas se confond avec elle par des légendes soigneusement entretenues.

J’ai récemment lu des choses me paraissant ineptes, des propos rebattus par ceux qui d’une façon ou d’une autre nous vendent du parfum chimique. En particulier cette affirmation : “…il est important de rappeler aux consommateurs que sans la synthèse, il n’y aurait pas de beaux parfums.”

Dit comme ça, de la bouche d’un “expert” (Oui, ce Monsieur insiste bien sur le fait qu’il est un “expert”.) ça ne souffre donc pas la controverse !

Mais … malheureusement avec moi ça ne prends pas.

S’il est évident que la chimie de synthèse a influencé l’évolution de  la parfumerie (Forcément, puisque les parfumeurs ont voulu l’utiliser…) nul ne peut prétendre savoir ce que serait devenue la parfumerie pré-industrielle en l’absence de cette influence.

Sur un blog de perfumista amie (Heidiandthebigbat) qui parlait de l’article et du personnage en question j’ai osé donner mon avis sur les propos de ce Monsieur, après tout en France on a bien encore le droit de dire que l’on est pas d’accord avec ce qu’un prétendu expert a écrit, non ?

Je ne suis pas là pour brosser dans le sens du poil, je ne le fais que quand je juge ça mérité et là ça ne l’était pas !

Il est vrai que le ton était corrosif mais un certain dialogue aurait pu s’engager, sauf que …ce Monsieur préfère couper court quand ses arguments tout faits ne fonctionnent pas, il a donc jugé bon de censurer sur son blog un commentaire qui n’avait pourtant rien d’offensant.

Je ne cherche pas la guerre, je contribue seulement à faire émerger certaines vérités que ce Monsieur aimerait voir reléguées aux abysses.

Sans chercher à nuire (au contraire je lui fait de la pub…) pour que chacun puisse se faire sa propre idée, voici le lien vers l’article en question, Matières premières naturelles ou synthétiques ? L’éternel faux débat” écrit par M Nicolas Olczyk “expert du parfum” et “spécialiste des tendances et de la veille”.

Pour moi, rien que le titre de l’article sonne faux, pourquoi écrire sur ce sujet en alimentant un débat qui n’aurait soit-disant même pas lieu d’être ?

Pour la suite voici le commentaire qu’il a jugé bon de censurer :
(Finalement, suite au présent article il a en fait publié mon commentaire “sous réserve” … sous réserve de quoi on ne sait pas bien mais peu importe.)

Tout d’abord, je remarque qu’il y a presque toujours un mélange des genres bio/naturel quand on parle de parfums naturels. Le parfum bio est en principe forcément naturel mais le naturel n’a pas forcément à être bio. Qu’un parfum soit naturel ET bio au lieu de “simplement” naturel n’induit pas forcément une modification significative de son odeur en revanche, essayez de recomposer en 100% synthétique un parfum naturel, vous aurez des surprises… (Vouloir reproduire un parfum synthétique par du naturel je n’en parle même pas ce serait une utopie.)

Ensuite c’est extrêmement réducteur de comparer la parfumerie naturelle moderne à la parfumerie du temps de Marie-Antoinette.

On entend toujours cette rengaine alors qu’aucun de nos contemporains n’ont pu mettre le nez sur un parfum du 19ème siècle (ou alors je n’ose pas imaginer l’état d’un parfum aussi ancien) et il est de nos jours impossible de les refaire à l’identique, ne serait-ce que par absence d’extraction par enfleurage, alors en dire du mal c’est facile mais si nous pouvions les sentir nous aurions peut-être des surprises…

De toutes façons, comme je viens de le dire, nous ne referons pas les parfums de cette époque, quand bien même le voudrions-nous c’est impossible mais surtout, de nos jours la façon de concevoir le parfum n’est pas la même, y compris en naturel, les parfums à base de synthétique voire d’artificiel ont changé les habitudes des nez comme celles des utilisateurs de parfums. Enfin, sans même parler d’isolats et autres biosynthèses à la frontière du naturel, il est évident qu’un absolu obtenu par extraction aux solvants volatils n’existait pas plus au temps de Marie-Antoinette qu’un extrait sélectif au CO2 supercritique, le “nez naturel” moderne a donc une palette bien différente et nettement plus étendue que celle des parfumeurs de cette époque !

Si je comprends et trouve une certaine légitimité à votre “quelle tristesse de s’interdire toutes les belles odeurs qui existent dans les chefs d’oeuvre de la parfumerie” pour ma part c’est le choix que je fais mais le fais sans aucune tristesse.
Mais surtout vous savez bien que de toutes façons l’immense majorité des chefs d’œuvre de la parfumerie a déjà été reformulée, que ce soit pour raisons “écolo-éthiques” comme pour le musc naturel, économiques comme les absolues obtenues par enfleurage, ou parce que certaines des molécules naturelles ou synthétiques qui s’y trouvaient n’étaient plus compatibles avec les standards IFRA actuels et parfois réellement dangereuses (comme les muscs nitrés, en particulier le musc ambrette -à ne pas confondre avec l’huile essentielle d’ambrette-).

Enfin, il y a également des exemples de toxicité qui devraient inciter à plus de prudence et à respecter un peu plus la “sagesse” de la nature ou du moins les formidables équilibres que le monde vivant avait su mettre en place avant que l’homme ne commence à vouloir contrôler les molécules.

Le plus frappant est selon moi le cas du méthyl-chavicol (ou estragole).

Pour le résumer disons simplement qu’autour de l’an 2000, cette molécule naturellement très présente dans le basilic et l’estragon mais également quelques autres épices et aromates (et également très utilisée dans sa version d’origine synthétique) a été déclarée cancérigène suite à des expérimentations faites sur des rats.
Même si l’info est resté assez confinée au monde des spécialistes, elle a créé des remous, l’homme (enfin l’industriel surtout…) ayant voulu dans son arrogance et son avidité habituelle utiliser le méthyl-chavicol synthétique en abondance dans les produits agroalimentaires, les parfums et autres cosmétiques.

Une étude publiée en 2007 (“Bioactivation and genotoxicity of the herbal constituents safrole, estragole and methyleugenol” (accessible à http://edepot.wur.nl/121896)) à démontré qu’il n’était pas vraiment cancérigène quand il était sous sa forme naturelle typique d’extrait de basilic. (Car visiblement, à force de consommer des plantes contenant du méthyl-chavicol la sélection naturelle a favorisé les hommes dont le corps est capable de ne pas changer le méthyl-chavicol de celles-ci en métabolite cancérigène alors que quand la molécule est isolée ça se passe comme si notre corps ne la reconnaissait pas, il la traite de manière inadaptée et finalement néfaste puisque c’est en voulant l’éliminer qu’il la convertie en un métabolite cancérigène.)

L’IFRA s’était en tous cas empressée d’interdire sa présence à plus de 0,2% dans les parfums, malheureusement y compris s’il est apporté par un quelconque extrait de basilic… (Depuis 2007 cette étude n’a visiblement toujours pas été prise en compte et elle ne le sera probablement jamais, on ne va quand même pas favoriser le naturel au détriment d’une certaine industrie…)

Voilà, vous avez pu lire le commentaire qui fut censuré par un expert du parfum et de la veille des tendances… Sans doute parce que ce que j’explique pourrait contribuer à favoriser le lent retournement actuel de la tendance qui lui est chère (ou qui lui est précieuse devrais-je dire ?). J’en déduit que M Olczyk ne veille pas seulement la tendance, il voudrait la contrôler à sa guise en incitant le bon peuple à acheter ce qu’il juge bon de vendre.

En tous cas merci Monsieur l’expert, par la censure (finalement devenue très partielle maintenant que je l’ai publié ici et que vous l’avez accepté “sous réserve chez vous) de ce commentaire vous avez su faire passer bien plus d’informations intéressantes que par vos articles.

Jeu de société

La reconnaissance des odeurs (en aveugle).

Je trouve que c’est un test/jeu amusant à faire en famille ou entre amis et tout le monde ou presque a ou peut avoir facilement le matériel nécessaire.

En plus, contrairement à certains jeux de société tout le monde à (presque) tout âge devrait facilement comprendre la règle essentielle : deviner le nom de la chose sentie !

Détail important en préambule : C’est à faire de préférence un peu à l’écart des prises d’aliments ou de boissons surtout s’il/elles sont très odorant(e)s…

Réunissez 5 à 10 matières à parfum, si vous en avez, sinon cherchez dans la cuisine, là encore une dizaine de matières : un peu d’oignon/ail légèrement écrasé, quelques autres légumes ou fruits écrasés, des épices, aromates, fromages, de la charcuterie… Faites-vous plaisir, tout ce qui sent est autorisé ! C’est beaucoup plus facile à deviner avec les aliments courants mais ça peut-être sympa quand même, surtout s’il y a des enfants !).

NB : Secs et pulvérisés, poivre, piment ou gingembre ont certes des propriétés sternutatoires amusantes …mais gardez les de côté pour une fois que seront finies les choses “sérieuses”.

Les adeptes de phytothérapie auront des huiles essentielles dans leur placard à pharmacie, ne faites pas dans l’exotique, prenez les plus connues (et une ou deux moins connues pour départager les plus expérimentés/doués).
Nos amis les “perfumistas”, s’ils se réunissent en groupe, pourront évidement le faire avec des parfums.

Mettez tout ça dans des contenants neutres et cachez les matières visuellement reconnaissables dans un morceau de coton. Numérotez et faite une liste numéro-nom pour le contrôle. Voilà, rien de compliqué !

Vous verrez, même avec des choses que l’on pense faciles c’est déjà amusant de voir comme la plupart ne savent pas trop reconnaître et comme les réponses sont du coup souvent inattendues…
Finalement à ce jeu là vous verrez, pas de honte à avoir ! Presque tout le monde se révèle généralement assez mauvais pour que se soit amusant et que personne n’ait le sentiment d’être lui-même particulièrement mauvais (enfin je crois…).

Matières pures, ou plus on moins diluées c’est à vous de voir. (Il peut-être amusant aussi de voir les seuils de sensibilité selon la dilution également.)

Gens âgés ou enfants, différentes générations c’est encore plus amusant et finalement ça plaît souvent à tous les âges (d’autant que même à un âge avancé l’odorat se maintient souvent mieux que les autres sens excepté le toucher). Tout le monde peut participer et apporter sa propre façon de percevoir et raconter les odeurs.

Vous verrez, essayez et vous serez surpris, je pense que vous passerez un bon moment !

De façon totalement facultative (je décline toute responsabilité etc…) si vous le souhaitez, vous pouvez toujours ajouter des règles diverses et variées (plus ou moins débiles comme toujours…) selon l’âge et le style de vos joueurs.
Quelques exemples :

- Donner une note sur 10 pour le nombre de matières devinées puis attribuez des titres honorifiques selon la note, de “Grand nez” à “Beau nez d’âne”, en passant par “Nez rudit”, “Nez pour ça”, “Nez t’es pas là” et “Nez choué” ou pour celui qui mélange beaucoup les nom et les odeurs “Nez changiste”… (désolé, ce ne sont que des exemples :p)

-Une autre option est de donner des bonus-malus selon les choses bien ou mal devinées… Par exemple pour les aliments, devoir manger (une fois qu’on a tout fini de sentir !) une bouchée des aliments que l’on aura mal (ou bien) devinés… Pour les parfums pareil, enfin ne pas les boire surtout, mais se parfumer d’une pulvérisation de ceux qu’on aura mal (ou bien?) devinés (Oui c’est méchant ça !   Du premier sur lequel vous vous serez trompés seulement peut-être, sinon quelle horreur !   Surtout si vous allez en boîte après c’est cruel, encore que…faut voir.)

-Évidement, entre adultes consentants on peut toujours faire un strip-sniffing… Je ne vous fais pas de dessin (Et attention, on ne sniffe rien d’interdit par la loi ou de dangereux !)

Dans tous les cas ou il y a un malus à la clé, essayez d’adapter les matières choisies pour que la difficulté soit bien équilibrée, sinon il risque d’y avoir des mécontents ou des traumatisés…

(Que vous ayez ou pas ajouté des règles absurdes sur l’idée de base, n’hésitez pas à nous raconter vos expériences en commentaires !   Comme ça si en fait ça n’amuse personne j’efface l’article ! :D )

A savoir, en bonus, ça exerce un peu les nez au passage ce qui est très bien car en quelques semaines seulement, le nez de souris “normales” peut-être “développé” ou “atrophié” selon qu’on les soumet quotidiennement à des odeurs différentes ou qu’au contraire on les prive d’odeurs. Si ma mémoire est bonne dans le premier cas le nombre de récepteurs (et/ou terminaisons nerveuses) double, dans l’autre cas il est divisé par 10, et je le répète, ça se fait en quelques semaines seulement !

Il serait donc important d’utiliser son nez régulièrement pour lui garder ou lui rendre toute sa sensibilité ! ;-)

Tu sais que tu es “nez” quand…

(En écho à l’excellent article : http://dr-jicky-and-mister-phoebus.blogspot.com/2011/07/tu-sais-que-tu-es-un-perfumista-quand.html)

La définition (d’après wiktionary) :

un nez...

Un nez...

nez

nom masculin

(Anatomie) Partie saillante du visage entre la bouche et le front couvrant l’organe communiquant avec les poumons permettant de sentir et de respirer.

Mais surtout : (Par métonymie) (Cosmétologie) Créateur de parfums.

Donc, tu sais que tu es un “nez (naturel)” ou devrais l’être, ou le devenir… quand :

  1. Tu peux non seulement te représenter mais surtout sentir une odeur assez distinctement (avec ses différentes facettes) rien qu’en y pensant.
  2. Tu sens tout  ce qui t’entoure et même tes doigts et mains plusieurs fois par jour, dès que tu as touché un aliment, des clés, un savon ou n’importe quoi qui est ou pourrait être odorant d’ailleurs… En fait tu fais ça au moins 5 fois, même les jours ou tu ne travailles sur aucun parfum si tu manipules des choses odorantes ce jour là tu dois bien pouvoir les sentir une centaine de fois.
    Non, ce n’est pas un toc, c’est de la curiosité olfactive !
  3. Tu passes régulièrement du temps à relire attentivement les douze pages du tableau résumant les recommandations de l’IFRA. (Avec un peu l’impression que c’est une liste de fatwas énoncées par je ne sais quelle bande d’intégristes du cosmetochimiobusiness.)
  4. Tu as presque toujours des touches, souvent dites “mouillettes” qui traînent sur ton(tes) bureaux et ta voiture, et assez régulièrement aussi dans tes poches. Pareil pour les flacons en tous genres qui traînent partout ou tu travailles/vis/manges/dors/te lave… et parfois même dans ta voiture.
  5. Quand tu sens une personne, (si tu ne connais pas le nom de son parfum) tu dis qu’il/elle sent des noms obscurs de molécules que peu de gens ont déjà entendu alors que toi tu pourrais souvent donner des dizaines de détails les concernant. Quand tu leur trouves des odeurs de plantes c’est d’ailleurs un peu pareil…
  6. Tu sais instantanément nommer le parfum de ta compagne/ton compagnon quand il/elle vient de le mettre, même s’il/elle est dans une autre pièce ou en tous cas encore loin de toi. Du coup quand il/elle te demande si tu as senti ce qu’il/elle a mis comme parfum tu trouves ça touchant de naïveté.
  7. Tu passes ton temps à manier accords et notes, tu utilises des touches et des orgues, tu parles d’harmonie et de dissonance. Tu composes même… mais pas des musiques, tu ne connais peut-être même rien au solfège !
  8. Tu imagines souvent, presque n’importe quand et à peu près n’importe où, des accords olfactifs ou des parfums.
  9. Tu ne peux même pas imaginer de goûter un aliment/plat sans le sentir attentivement avant.
  10. Tu rêves de trouver certaines huiles essentielles, absolues ou certains extraits au CO2 supercritique.
  11. Tu as déjà eu l’occasion de : sentir une personne plusieurs minutes après son passage (parfois sans l’avoir vue, parfois à 30 mètres…) sentir qu’il y avait un problème dans la cuisine en étant dans le jardin à 20 m de la fenêtre, savoir déjà assez souvent et précisément ce que tu vas manger en entrant dans une maison, sentir des champignons avant de les voir, sentir des fleurs avant de les voir en étant à plus de 10 ou 20 mètres… (On a beau dire que c’est l’apprentissage des odeurs qui compte plus que la sensibilité olfactive… Je pense qu’une sensibilité particulière n’est pas inutile.)
  12. Tu préférerais (presque) avoir une jambe cassée que le nez bouché, ou en tous cas ça te désespère au plus haut point. (Parfois tu essaies de sentir des choses et de travailler à tes compositions quand même.)
  13. Tu trouves “intéressantes” presque toutes les odeurs même la plupart de celles qui sont juste des puanteurs pour les autres.
  14. Tu t’es parfois levé dans la nuit pour noter des accords que tu as peur d’oublier si tu ne le fais pas tout de suite… et souvent tu les as en fait testés avant de te recoucher car tu avais trop envie de savoir tout de suite ce que ça donnerait vraiment.
  15. Tu imagines parfois plus ou moins inconsciemment ce que pourraient sentir les gens pour que ça aille bien avec ce que tu vois/connais d’eux, parfois même des inconnu(e)s.

Etranges non, ces gens qui sentent tout et imaginent sans cesse des odeurs ?

Cette liste est une première ébauche faite en vitesse, je n’ai pas tout raconté, d’ailleurs tout n’est pas très racontable tant ça pourrait paraître bizarre

J’imagine toutefois que cette liste va s’allonger peu à peu, au fil des idées que j’aurai ou que vous me suggérerez par commentaires… (?)

Standardisé !

Attention, troupeau de gens parfumés !

Tout devient … “standardisé” le mot qui rassure, qui fait sérieux.

Les standards IFRA sont respectés, c’est bon, vous pouvez vous pulvériser en toute confiance !   (Ridicule, en parfumerie ce sont les gens qui vous vendent le truc qui ont édicté les “standards”… c’est dire si c’est fait en toute indépendance.)

On ose pas fabriquer des choses originales et de plus en plus on tente même de les interdire. Le fromage au lait cru, le parfum pas IFRA, le plat préparé qui ne sort pas d’une salle blanche ?   Interdits !  (Ou presque)   Heureusement, certains irréductibles gaulois résistent encore… mais pour combien de temps ?

Du coup, à force, les choses originales on ose même plus les porter ou les manger. Nous sommes conditionnés !

En parfumerie, des notes de têtes aux notes de fond on ose de moins en moins… Dans le fond c’est muscs lessiviels pour tous !   (Ou presque)

Triste parfumerie !

Alors, vous le voulez à quoi votre parfum ? Au choix, dissolvant, shampooing, gel capillaire, laque, ou lessive. Tous ces arômes bas de gammes parfument si bien et pour pas cher les masses bien-odorantes…

Testés récemment :

(oui, j’ai acheté un beau flacon vide pour ma douce récemment, on m’a offert 4 échantillons que je n’avais pas demandé mais par curiosité j’ai senti quand même…)

Allure Homme Sport, de Chanel : Oh la gentille cologne moderne bien synthétique sentie et ressentie mille fois… Vous sentirez le propre, le frais… pour l’originalité Chanel c’est cuit par contre, fallait venir il y a longtemps, on en a plus en stock de l’original.

Chanel “n°19 poudré” : Ca commence comme de l’iris, assez fort même. C’est du synthétique mais on se dit, “Pas mal, ça fait bien illusion, c’est fortement iris, enfin un peu de caractère !”. Puis 3 seconde après (ou presque) ça ne sent plus que la laque et les muscs blancs façon lessives… vraiment déçu !

dB / Décibel d’Azzaro  :  Lisez bien la description qu’ils en font pour essayer d’imaginer les odeurs correspondantes car sans ça vous ne risquez pas de les sentir !   D’ailleurs, même en la lisant moi je sens tout autre chose (comme souvent). Ca sent la lavande-bergamote-chimique-caramélisée-citronnée-aux-algues, en fait un bon désodorisant synthétique, sympa pour des toilettes… Ah ça oui, c’est gueulard, il y en a des décibels mais bon … sans être immonde je trouve juste que ça ne vaut rien, en fait on dirait un flanker de chrome en plus grossier et poilu ! (La calone c’est sympa mais au bout d’un moment faudrait penser à utiliser d’autre chose !) [Erratum, au départ j’avais écrit CK One par erreur, un autre flanker de Chrome…)

Et enfin, Flower Tag de Kenzo : Côté flacon j’avoue, il y a de l’idée. La forme est sympa, ça a de l’allure mais moi ça m’évoque une fiole contenant je ne sais quelle potion d’un sorcier/guérisseur, je l’aurais mieux vu pour un Chaman’s Party ou je ne sais quel parfum bien “roots” à l’odeur aussi mystérieuse que naturelle. Malheureusement, le contenu ne vas pas avec le contenant. En fait le contenu ne va même pas du tout… ça commence façon dissolvant (de la pêche peut-être, sans certitude j’ai essayé de l’oublier…) puis ça tourne au fruité indéfini de la plupart des shampooings. Le fond ? Je ne sais pas s’il y en a un, en tous cas je n’ai pas attendu, j’ai vite jeté ça et me suis lavé les mains.

Voilà, désolé pour la longueur des descriptions et leur côté très détaillé mais je les ai tant aimé ces 4 là qu’en fait j’en ai juste parlé pour vous mettre en garde et illustrer ce que je disais, on est dans l’industriel et le standardisé à outrance, dans l’ “IFRA compliant” pas cher qui sent tout et rien, l’odeur de propre pour Monsieur et Madame tout le monde.

Les gens ont donc perdu toute imagination à tel point que ces choses se vendent ?

Moi en tous cas j’en ai marre de sentir à peu près les mêmes choses sur la plupart des gens !   Certains jours quand mon nez se promène dans un endroit fréquenté, j’ai le sinus triste, je frôle la déprime nasale.

Osez mesdames, une belle femme est mise en valeur par un parfum original !

Alors que si elle ne sent rien d’autre que l’odeur du propre industriel elle y perd en charme, devenant soudain une Madame tout le monde !

(NB: Messieurs, c’est pareil pour vous…)

Testez votre nez !

C’est une expérience qui supposera d’observer un peu autour de vous (et selon les régions ce sera plu ou moins facile) pour trouver les plantes indiquées plus bas.

Une expérience assez suggestive du fait que l’on peut être plus ou moins anosmique à certaines odeurs et hypersosmique à d’autres et que de plus, une plante n’est pas aussi odorante selon le moment de la récolte (selon l’heure de la journée, la saison et la météo du jour), le terroir, et les particularités génétiques de la population végétale… Mais peu importe que vous sentiez précisément ce que je sens.

  1. Je ne sens rien
  2. Je sens une odeur
  3. Je peux dire que c’est pour moi une bonne ou une mauvaise odeur
  4. Je peux décrire ses facettes, des similitudes avec des odeurs connues…

Bien entendu, selon que vous arrêtez de répondre oui aux questions de 1 à 4 on pourra penser que votre nez est plus ou moins sensible (si ce n’est dans l’absolu, au moins à ces odeurs là) :

1 – très peu, 2 – peu, 3 – moyennement, 4 normalement sensible, voire un peu au dessus de la moyenne et au moins vous êtes assez attentif aux odeurs …

Bien que ces plantes puissent comme les autres être plus ou moins odorantes selon les lieux / climats / moment auxquels on les sent. Je vous suggère de faire ce test sur trois fleurs, quand vous en aurez (ou en créerez) l’occasion.

Pour moi ces trois fleurs sont généralement assez peu odorantes, je les classe de celle que je trouve la moins odorante à la plus odorante.

La première des trois, la saponaire est donc la meilleur pour faire ce test puisque moi-même, pour elle je peine certaines fois à répondre oui à la question n°4. Je vous conseil de couper la plante assez bas pour sentir les fleurs du haut sans sentir l’odeur de la tige coupée qui vous gênerait.

Les deux suivantes, Buddleia et Onagre, sont presque toujours assez odorantes, elles consoleront les hyposmiques qui devraient  au moins répondre oui aux questions 1 à 2, voire 3, les concernant.

Bon, pour compliquer un peu les choses il y a aussi des espèces apparentées plus ou moins odorantes et selon d’où vous me lisez, vous ne croiserez pas forcément tous les mêmes espèces… Tant pis, à moins de vous faire préparer une solution dilué d’un produit universellement répandu et homogène, ce test ne peut-être qu’approximatif. J’espère seulement que ce sera un efficace encouragement à sentir par vous-même.

Que ceux qui ont du mal à sentir ces fleurs ne pensent pas leur nez définitivement perdu. La plupart du temps il n’en est rien, le nez se développe en l’exerçant c’est un fait connu chez l’homme, surtout les parfumeurs… et démontré biologiquement chez les souris, j’en parlerai peut-être un peu plus un jour… Peut-être avez vous simplement perdu l’habitude de sentir, peut-être avez vous une congestion nasale passagère (allergie, rhume…) peut-être aussi prenez vous un médicament dont un effet secondaire est l’anosmie (généralement temporaire…).

Pas de panique !   Si l’appétit vient en mangeant, l’odorat vient en sentant !

Je vous suggère donc de chercher et sentir ces trois fleurs :
(Dont à ma connaissance, aucune n’est utilisée ni raisonnablement utilisable en parfumerie…)

photo de Saponaire

Photo de saponaire (Saponaria officinalis) par "TeunSpaans"

Photo de Buddleia

Photo de Buddleja davidii par "Drow_male"

photo d'Onagre

Photo de l'onagre (Oenothera biennis) par Georg Slickers

Ne souhaitant pas fausser votre expérience, je donne mes descriptions des trois odeurs en commentaire à ne pas lire (ou à oublier très vite) tant que vous n’aurez pas essayé de les sentir !

En fleur (ons)

Vos commentaires encourageants de l’article sur l’enfleurage m’ont poussé à vous faire partager ça dès maintenant car c’était prévu de longue date mais là c’est le moment ou jamais pour que vous puissiez en profiter, c’est la saison, ça commence à fleurir !

Voici donc la petite présentation d’un arbuste en fleur en ce moment (dans ma région) et qui mérite un enfleurage !

L’Eleagnus

Comme vous l’avez déjà compris j’aime tout particulièrement cette plante (et son odeur).

Pour la plupart, vous avez dû en croiser souvent sans savoir ce que c’était et sans lui prêter une grande attention, peut-être même avez vous senti l’odeur puissante de ses fleurs sans les voir, peut-être même sans parvenir à dire de quelle plante des environs était sortie cette odeur… J’ai été dans ce cas également les premières fois ou j’ai senti cette odeur ! :-)

Si je vous dit que c’est un arbuste (un peu) épineux servant à faire des haies sur lesquelles on ne voit généralement pas de fleurs ça ne semble pas très excitant…

Pourtant, cet arbuste très utilisé du fait de sa résistance (à presque tout), de sa vigueur et de la persistance de ses feuilles qui en font un incontournable des haies est aussi une plante remarquablement odorante au moment de la floraison.

En fait il a même encore des nombreux avantages.

Il est simple mais je le trouve beau, y compris dans sa version au feuillage panaché de jaune qui sait éviter de donner l’impression de plante en plastique qu’on a parfois avec les plantes ornementales à feuillage panaché.

Ses fruits sont comestibles, ce sont de petites baies allongées aussi discrètes que ses fleurs.

Photo d'un Eleagnus x ebbingei en fleur

Un Eleagnus x ebbingei en fleur (photo de Jean-Jacques MILAN)

Mais surtout, revenons-en à son odeur !

Les petites fleurs cachées à l’aisselle des feuilles ont l’originalité d’apparaître à la fin de l’été, dès mi août ou au début de septembre et jusqu’aux premiers froids d’octobre.
Elles sont assez coriaces, résistantes comme le reste de l’arbre, elle peuvent sentir pendant 48 h même posées au sec dans la maison, elle conviennent donc bien à l’enfleurage à froid ou elles n’ont pas tendance à moisir trop vite.

Elles diffusent généreusement un parfum puissant que je sens généralement à plusieurs mètres, je l’ai souvent senti en courant, parfois même en passant en voiture. J’ai même pu dans certains cas sentir un seul arbuste à près de vingt mètres !

Pour vous en décrire l’odeur, c’est un parfum floral discrètement épicé à elle seule !
J’y trouve un côté œillet bien prononcé avec quelque chose de plus tropical. L’élégance enivrante de certaines orchidées comme les Platanthera ou les Epipactis sans le fond vanillé.

J’ai perdu ma description (écrite je ne sais plus trop où le weekend dernier) et n’ai pas de fleurs sous la main, ni sous le nez du coup… mais je crois l’avoir assez bien en mémoire pour vous la décrire correctement.

Il y a en tête ce coté verdure presque animale que je trouve dans une jacinthe ou certains lilas, quelque chose qui tire discrètement vers une mousse terreuse ou un champignon. Mais c’est fugace et discret, on bascule très vite vers œillet et jasmin, pour affiner je dirais surtout les facettes ylang-ylang et clou de girofle de l’œillet puis du jasmin grandiflor avec son côté fleur du sud, chaude un peu fruitée et vaguement animale.

Au final c’est pour moi une des fleurs dont l’odeur est la plus magique, presque un parfum à elle seule, provocante mais pas trop, sirupeuse sans rien d’ écœurant ou de franchement sucré, épicée sans en gâcher le côté absolument floral, le côté frais  de mousse verte de champignon et les notes animales donnent de la profondeur sans lourdeur.

Et puis avec son bouquet de fleurs de jacinthe, ylang-ylang, œillet et jasmin, comment ne pas l’aimer ?

A moins que vous ne soyez absolument hostiles à l’œillet ou à ylang-ylang avec une pointe de clou de girofle je pense qu’elle est à chercher dans les haies environnantes si vous n’en avez pas au jardin et à faire absolument en enfleurage d’arrière saison !

(Ils en mettent très souvent dans les haies des lieux publics aussi, personne ne vous reprochera de leur voler une tasse de fleurs de-ci de-là… ;-) )

Tête / cœur / fond

Et pourquoi pas : cheveux, front, yeux, nez \o/ , menton, cou etc… jusqu’à orteils puis fond et … fin fond ?

En fait, suite à un article d’Irène, nous en sommes venus à parler de la façon d’écrire les formules des parfums.

Je disais qu’en général en essaie de classer les ingrédients par leur ordre dans le déroulement des odeurs du parfum, de tête vers fond (logique quoi, du début à la fin…).
Il paraît que tous les professionnels font comme ça (enfin, “on dit que” mais ça reste à prouver). En tous cas ça aide à mieux visualiser son parfum, tant pour soi-même que pour ceux qui lisent la formule ensuite.

(Enfin si tant est qu’on veuille leur mâcher le travail car parfois au contraire, on ne veut même pas que l’assistant ou “préparateur” puisse réellement savoir ce qu’il fait, alors on découpe la formule en morceaux, on numérote, on désorganise puis on re-mélange à la fin les morceaux bizarres ainsi préparés par plusieurs personnes différentes et ainsi on obtient son parfum dans le secret souvent cher aux parfumeurs… Encore que de nos jours avec les techniques d’analyse moderne le secret soit devenu un peu relatif.)

Irène me répondait que maintenant elle était très ordonnée, classant même en tête/cœur/fond, comme c’est si souvent fait.

Mais c’est là que je me suis emballé.

Moi à vrai dire il m’arrive de me laisser emporter par les notes et accords et de remettre en ordre après coup !

D’autant que j’avoue ne pas toujours savoir d’avance quelle matière se sentira avant l’autre. A part peut-être des gens travaillant sans cesse sur chromatographes je ne pense pas qu’il y ait grand monde qui maîtrise parfaitement ça de tête.

Quand à la distinction tête/cœur/fond elle est souvent tellement arbitraire que je ne l’utilise qu’occasionnellement, surtout pour décrire un parfum, parfois pour le formuler dans ma tête mais jamais sur le papier ou l’ordinateur.

Un parfum pouvant ne jouer qu’un seul accord du début à la fin (enfin j’exagère un peu, surtout en naturel) avoir un déroulement à 2 accords, à 3 aussi mais parfois 4 ou 5 ou …plus. Quand on travail sur un parfum on perçoit généralement bien plus de trois étapes dans son évolution, en principe c’est plus une mélodie de quelques dizaines voire centaines de notes ou accords (chaque matière naturelle jouant plusieurs notes, ou accords à elle seule).

Selon le support utilisé (touche dite “mouillette”, peau ou autre…) et les conditions du lieu ou l’on se trouve (la température surtout mais aussi l’humidité et même théoriquement la pression atmosphérique) le rythme varie, les notes se jouent chaque seconde ou minute, puis peu à peu le rythme se ralentit, les notes s’enchainent toutes les heures voire… les jours.

Du coup, je me représente plutôt des suites de notes (suites continues, sans chercher à tenir compte du rythme pour ma formule car sinon il faudrait jouer sur les hauteurs des lignes…) et j’essaie d’ordonner mes matières d’après ça, même si elles peuvent jouer des notes séparées par des notes jouées par d’autre matière…

J’espère que je ne vais pas finir par causer des migraines à certains et qu’il y en a qui arriveront à suivre ma laborieuse explication. Du coup voilà, pour ne pas saboter plus le blog j’arrête là mais c’est pour ça que cette distinction tête, cœur et fond, je ne l’utilise pas beaucoup pour mes parfums, ou alors au départ pour schématiser, pour le concept. Une fois devant les flacons c’est trop complexe pour ne couper le parfum qu’en 3… et puis d’ailleurs, pourquoi tenir à tout couper en morceaux finalement ? :D

Bande d’enfleurés !

Je l’avais promis, je traînais un peu les pieds pour le faire car c’est quand même un peu de travail puis …on me l’a plus ou moins réclamé alors voici finalement un petit article sur…

Comment faire un enfleurage à la maison ?

(Comme au temps de Jean-Baptiste Grenouille … avec ses petites mains et deux ou trois autres bricoles !)

Fleurs d'abélia et chèvrefeuille

Fleurs d'abélia et chèvrefeuille après utilisation

A quoi ça sert ?

Le gros avantage c’est que vous pourrez obtenir sans les acheter des absolues plus ou moins diluées, selon le temps que vous y consacrerez et la quantité de matière végétale dont vous disposez. Ils seront de plus 100% naturels et de bonne qualité si vous faites ça correctement. Dernier avantage, vous pourrez obtenir un extrait odorant de vos fleurs préférées, si “muettes” soient-elles pour l’industrie du parfum.

Bon ce serait un très vaste sujet, je vais tenter de rester au plus simple et surtout, applicable dans votre cuisine !

Tout d’abord, petit rappel important de ce que j’évoque dans la partie “Les essences” paragraphe “Les absolues” de mon premier article .

Il existe deux façons d’obtenir des absolues à l’ancienne c’est à dire sans solvants chimiques volatiles type éther de pétrole ou hexane. Toutes deux s’appellent enfleurage (on les voit toutes deux dans le film “Le parfum” tiré du roman éponyme).

Il y a l’enfleurage à chaud fait en immergeant les matières dont on veut capter l’odeur dans un bain de corps gras plus ou moins chaud (jamais trop chaud quand même, les 100° du bain-marie au maximum…). Dans ce cas on utilise une huile ou une graisse fondant à une température assez basse pour ne pas avoir à trop chauffer.

Il y a ensuite l’enfleurage à froid et là en principe on utilise une graisse solide à température ambiante mais fondant là aussi à une température pas trop élevée.

En pratique :

Il vous faudra :

- Du temps … généralement un petit moment chaque jour pendant une semaine.

- Pas mal de matière odorante, le plus souvent des fleurs mais avec de l’imagination on peut trouver des tas d’autres choses qui conviennent…

- Un grand récipient plat et de quoi le couvrir plus ou moins hermétiquement.

- Une bouteille ou un grand flacon (de préférence à large goulot) avec bouchon ou bocal avec couvercle.

- Un corps gras inodore adapté (voir exemples plus bas) en quantité suffisante pour quoi remplir une bonne partie de votre bouteille ou faire une couche de quelques millimètres à un centimètre dans votre récipient plat.

-De l’alcool aussi pur et naturel que possible (minimum 70° mais préférer même 90° ou plus) à peu près le même volume que la graisse utilisée

- Quelques flacons vides

- Un chinois (passoire fine) et/ou une étamine (enfin un tissu fin solide et propre mais inodore quelconque fera l’affaire…).

- Film plastique et entonnoir(s) peuvent aussi servir.

Dans tous les cas il vous faut une graisse inodore donc désodorisée car attention, brutes elles sont presque toutes odorantes.

Solide à température ambiante, par exemple : beurre de karité, mangue, graisse de coco, palme ou soja (=huile de soja hydrogénée), saindoux et autres graisses animales désodorisées peuvent aussi faire l’affaire, il me semble d’ailleurs que c’est le saindoux qui fut la graisse la plus utilisée pour l’enfleurage à la belle époque.

Soit éventuellement une huile végétale désodorisée mais ça n’ira que pour l’enfleurage à chaud et même dans ce cas une graisse solide à température ambiante qui fondra dès que vous chauffez sera plus pratique car elle se figera ensuite facilement.

Dans un premier temps :

Le but est de saturer la graisse de molécules odorantes.

Dans le cas d’un enfleurage à froid prendre un grand récipient avec une couche pas trop épaisse de graisse fondue que vous laissez se solidifier. Pour ma part je le couvre d’un couvercle qui évite salissures et odeurs parasites, en plus il retient l’odeur des plantes utilisées mais ça impose de faire attention à l’eau présente dans les plantes et à sa condensation pour éviter la moisissure.

Vous poserez donc vos plantes (le plus souvent on fait l’enfleurage à froid sur des fleurs, d’où son nom…) vous poserez donc vos fleurs sur la graisse. Ensuite il faudra les retirer pour en poser d’autres, si possible au moins une fois par 24h pour éviter la moisissure.

S’il y a de l’eau de condensation faites-la couler ou enlevez-là délicatement à l’aide de papier absorbant au remplacement des fleurs, la encore ça limitera les risques de moisissure.

Fleurs de chèvrefeuille posées sur la graisse dans leur récipient couvert

Fleurs de chèvrefeuille posées sur la graisse dans leur récipient couvert

Il faut répéter l’opération plus ou moins longtemps selon les fleurs, une semaine est généralement une bonne durée et il faut donc prévoir sept “cargaisons” de fleurs fraîches ce qui peut déjà représenter une bonne quantité selon la surface de graisse à enfleurer.

Dans le cas de l’enfleurage à chaud (à privilégier pour des plantes aromatiques dont vous savez que l’on peut tirer une huile essentielle) on prend sa bouteille ou bocal que l’on remplit partiellement d’huile, selon la quantité de plantes à y plonger. Et de la même façon qu’à froid on renouvelle les plantes un bon nombre de fois selon le temps et la masse de matière première dont on dispose. (Une dizaine de fois c’est généralement bien pour des fleurs. Ca dépend évidemment des quantités de molécules aromatiques dans la plante de départ mais on peut saturer la graisse plus ou moins facilement, j’ai fait un seule passage pour de la lavande et c’était déjà pas mal du tout.)

Evidemment à chaud la différence est qu’on laisse les matières au contact de la graisse moins longtemps vu que le bain-marie accélère la diffusion des substances aromatiques. On peut donc compter une quelques dizaines de minutes par bain (plus ou moins suivant l’épaisseur des végétaux utilisés) et de ce fait 10 bains peuvent éventuellement se faire en quelques heures.

On peut évidement adapter la température de l’eau du bain-marie et de façon inversement proportionnelle, la durée des bains, suivant la fragilité des molécules odorantes de la plante…

Deuxième étape :

On fera passer autant que possible les molécules odorantes dans l’alcool (question de physico-chimique il y aura un équilibre selon la solubilité des molécules dans la graisse et dans l’alcool et vous ne pourrez pas aller au delà… il en restera toujours dans la graisse).

Pour ça il faudra placer votre graisse dans une bouteille ou un bocal fermé et y mélanger un volume à peu près égal d’alcool à la graisse.

On agitera copieusement, plusieurs minutes (dizaines de minutes si on est motivé ou qu’on a un agitateur mécanique).

(Pour de grosses quantités : un batteur à main, électrique ou un mixeur pourrait être utilisés mais attention, ne pas trop chauffer et passez à travers un film plastique ou autre chose qui assure l’étanchéité autour du batteur. Si l’air circule et qu’on chauffe un peu fort on risque de retrouver tout ce qui nous intéresse dans l’air de la pièce… A mon avis, agiter le mélange dans un récipient fermé est préférable pour de petites quantités… si vous en faites 50 litres évidemment pensez au batteur électrique.)

Troisième étape :

Décantation, refroidissement, filtration…

C’est assez simple si ce n’est qu’il vaut mieux que ça décante assez longtemps avant que la graisse ne se solidifie, donc refroidir doucement, pourquoi pas en laissant l’eau de bain-marie se refroidir avec le reste ou en entourant votre récipient d’un linge car le but est de ne pas solidifier les goutte(lette)s de graisse encore en suspension dans l’alcool mais un bloc de graisse séparé de l’alcool (Vous verrez contrairement à l’eau, l’alcool devrait se trouver au dessus de la graisse, c’est encore plus pratique).

Décantation alcool/graisse

Décantation alcool/graisse

Ensuite on achève le refroidissement au réfrigérateur voire congélateur suivant les cas (la graisse utilisé), ça permet de raffermir la graisse.

Malheureusement prévoyez que tout n’est pas parfait, des acides gras seront entrainés par l’alcool… et de l’alcool sera retenu par la graisse. On peut éventuellement répéter l’opération de décantation refroidissement sur l’alcool et idem sur la graisse que l’on aura faite fondre à nouveau, ça permettra de séparer un peu mieux graisse et alcool chargé des précieuses substances aromatiques…

En tous cas, ne jetez pas la graisse utilisée avant de m’avoir lu jusqu’à la fin !

Voilà, vous avez une solution alcooliques des substances aromatiques que vous souhaitiez extraire.

Par rapport à une teinture : Ca permet de limiter l’extraction des substances colorées qui sont rarement elles aussi solubles à la fois dans la graisse et l’alcool et qui restent donc souvent en chemin… En plus on utilise finalement plusieurs fois la quantité de plantes qu’on aurait mise dans une teinture donc c’est plus concentré.

[Détails un peu plus abstraits et moins intéressants pour certains d'entre vous : Une partie des substances passant dans la teinture peuvent se lier à vos molécules odorantes, c'est un des problèmes qu'on peut avoir avec la chlorophylle des parties vertes, soluble dans l'alcool et qui retient certaines molécules si bien qu'au final on a tendance à moins pouvoir les sentir (en plus ça tâche...).  Pour finir , je pense que c'est plus anecdotique mais certaines molécules odorantes (parfois indésirables) passeront directement dans l'alcool alors qu'elles seront plus ou moins insolubles dans la graisse, ça peut aussi faire un tri intéressant dans certains cas.]

Pour ma part, grâce aux vacances, abélia (grandiflora), chèvrefeuille, café (oui… péruvien même), sépales de sauge officinale et lavandes variées ont eu droit à leurs enfleurages avec un soin plus ou moins grand et des résultats eux aussi divers. Des surprises mêmes bonnes ou moins bonnes mais en tous cas la technique s’affine et …c’est moi qui l’ai fait ! :D

Pour ceux qui seraient tentés par l’expérience, chèvrefeuille et lavande ont donné les meilleurs résultats, l’abélia vient juste après ces deux là. (Enfleurage à froid avec fleurs renouvelés 7 fois, toutes les 24 heures à peu près, selon météo…  pour chèvrefeuille et Abélia, enfleurage à chaud en une seule fois pour les lavandes.)

Abelia grandiflora

Abelia grandiflora (une caprifoliacée...)

Abélia et chèvrefeuille ont leurs personnalités olfactives propres et en avoir fait ces extractions est pour moi un vrai bonheur, non seulement j’apprécie les odeurs de ces fleurs et les résultats sont plutôt au dessus de ce à quoi je m’attendais mais en plus il est impossible de les trouver à l’achat, rien qui soit tiré de ces fleurs ne se vend pour la parfumerie, certains disent même parfois que le chèvrefeuille est “muet”. Muet dans la production commerciale c’est certain, preuve est pourtant faite ici qu’on peut en faire un enfleurage au résultat enchanteur !

Dernières idées/astuces :

- Pour toutes celles et ceux qui ne s’intéressent pas qu’aux parfums mais aussi aux cosmétiques faits maison, la graisse utilisé reste bien parfumée et peut donc se prêter à diverses utilisations… (en tenant compte qu’il a tendance à y rester un peu d’alcool, voir troisième étape…)

- Pour les plus motivés ayant assez de matière première, rien n’empêche de recommencer tout le cycle avec (de préférence) la même graisse et surtout avec le même alcool qui pourra ainsi s’enrichir en molécules aromatiques au maximum de ce que les solubilités et leurs équilibres permettent…

- La plupart des fleurs sont à ramasser par temps sec mais idéalement avant le lever du soleil ou après son coucher. Les fleurs sont souvent plus odorantes à ce moment là. Bien que certaines plantes fassent exception à cette règle, c’est vrai pour les deux caprifoliacées de cet exemple mais également pour la rose et le jasmin.

Abélia au petit jour

Encore l'abélia... à l'aube ou comme ici au crépuscule, il est plus odorant !

- Ah et un dernier détail, comme j’ai supposé que vous n’aviez pas d’évaporateur rotatif sous vide… je n’ai pas parlé d’évaporer l’alcool comme on le fait en principe à la fin mais si vous n’avez pas peur de perdre les fractions les plus légères de votre extrait, vous pouvez concentrer votre absolue par une simple évaporation flacon ouvert. Préférer l’évaporation lente dans un haut flacon contenant votre extrait dans le fond et ouvert simplement en partie haute. Les molécules aromatiques et moins volatiles que l’alcool auront tendance à rester en gouttelettes huileuses sur les parois du flacon au dessus du niveau de la solution alcoolisée. De la graisse se figera peut-être également à nouveau et pourra donc être retirée, à la fin on ajoute à nouveau un tout petit peu d’alcool ou de solution issue de l’enfleurage pour “rincer” le flacon en récupérant bien notre absolue.

Bon voilà je vous ai tout dit. Rien de révolutionnaire, la technique est même historique mais je pense que de l’avoir rappelée en détail et adaptée pour une version bricolée dans un coin de cuisine ça va aider du monde à se faire plaisir, en tous cas je l’espère.

Quand je vois sur la grande toile le monde qui se passionne pour les cosmétiques voire les parfums maison et utilisent souvent leur propres teintures je n’ai pas de doutes, ça servira car l’enfleurage maison c’est un peu plus de travail mais ça vaut le coup, c’est la teinture à la puissance 10 !

Faites passer le lien et s’il vous plaît…

N’oubliez pas de nous faire partager les résultats de vos expériences en commentaires !

Previous Older Entries

Suivre

Get every new post delivered to your Inbox.