Standardisé !

Attention, troupeau de gens parfumés !

Tout devient … « standardisé » le mot qui rassure, qui fait sérieux.

Les standards IFRA sont respectés, c’est bon, vous pouvez vous pulvériser en toute confiance !   (Ridicule, en parfumerie ce sont les gens qui vous vendent le truc qui ont édicté les « standards »… c’est dire si c’est fait en toute indépendance.)

On ose pas fabriquer des choses originales et de plus en plus on tente même de les interdire. Le fromage au lait cru, le parfum pas IFRA, le plat préparé qui ne sort pas d’une salle blanche ?   Interdits !  (Ou presque)   Heureusement, certains irréductibles gaulois résistent encore… mais pour combien de temps ?

Du coup, à force, les choses originales on ose même plus les porter ou les manger. Nous sommes conditionnés !

En parfumerie, des notes de têtes aux notes de fond on ose de moins en moins… Dans le fond c’est muscs lessiviels pour tous !   (Ou presque)

Triste parfumerie !

Alors, vous le voulez à quoi votre parfum ? Au choix, dissolvant, shampooing, gel capillaire, laque, ou lessive. Tous ces arômes bas de gammes parfument si bien et pour pas cher les masses bien-odorantes…

Testés récemment :

(oui, j’ai acheté un beau flacon vide pour ma douce récemment, on m’a offert 4 échantillons que je n’avais pas demandé mais par curiosité j’ai senti quand même…)

Allure Homme Sport, de Chanel : Oh la gentille cologne moderne bien synthétique sentie et ressentie mille fois… Vous sentirez le propre, le frais… pour l’originalité Chanel c’est cuit par contre, fallait venir il y a longtemps, on en a plus en stock de l’original.

Chanel « n°19 poudré » : Ca commence comme de l’iris, assez fort même. C’est du synthétique mais on se dit, « Pas mal, ça fait bien illusion, c’est fortement iris, enfin un peu de caractère ! ». Puis 3 seconde après (ou presque) ça ne sent plus que la laque et les muscs blancs façon lessives… vraiment déçu !

dB / Décibel d’Azzaro  :  Lisez bien la description qu’ils en font pour essayer d’imaginer les odeurs correspondantes car sans ça vous ne risquez pas de les sentir !   D’ailleurs, même en la lisant moi je sens tout autre chose (comme souvent). Ca sent la lavande-bergamote-chimique-caramélisée-citronnée-aux-algues, en fait un bon désodorisant synthétique, sympa pour des toilettes… Ah ça oui, c’est gueulard, il y en a des décibels mais bon … sans être immonde je trouve juste que ça ne vaut rien, en fait on dirait un flanker de chrome en plus grossier et poilu ! (La calone c’est sympa mais au bout d’un moment faudrait penser à utiliser d’autre chose !) [Erratum, au départ j’avais écrit CK One par erreur, un autre flanker de Chrome…)

Et enfin, Flower Tag de Kenzo : Côté flacon j’avoue, il y a de l’idée. La forme est sympa, ça a de l’allure mais moi ça m’évoque une fiole contenant je ne sais quelle potion d’un sorcier/guérisseur, je l’aurais mieux vu pour un Chaman’s Party ou je ne sais quel parfum bien « roots » à l’odeur aussi mystérieuse que naturelle. Malheureusement, le contenu ne vas pas avec le contenant. En fait le contenu ne va même pas du tout… ça commence façon dissolvant (de la pêche peut-être, sans certitude j’ai essayé de l’oublier…) puis ça tourne au fruité indéfini de la plupart des shampooings. Le fond ? Je ne sais pas s’il y en a un, en tous cas je n’ai pas attendu, j’ai vite jeté ça et me suis lavé les mains.

Voilà, désolé pour la longueur des descriptions et leur côté très détaillé mais je les ai tant aimé ces 4 là qu’en fait j’en ai juste parlé pour vous mettre en garde et illustrer ce que je disais, on est dans l’industriel et le standardisé à outrance, dans l’ « IFRA compliant » pas cher qui sent tout et rien, l’odeur de propre pour Monsieur et Madame tout le monde.

Les gens ont donc perdu toute imagination à tel point que ces choses se vendent ?

Moi en tous cas j’en ai marre de sentir à peu près les mêmes choses sur la plupart des gens !   Certains jours quand mon nez se promène dans un endroit fréquenté, j’ai le sinus triste, je frôle la déprime nasale.

Osez mesdames, une belle femme est mise en valeur par un parfum original !

Alors que si elle ne sent rien d’autre que l’odeur du propre industriel elle y perd en charme, devenant soudain une Madame tout le monde !

(NB: Messieurs, c’est pareil pour vous…)

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7 Commentaires (+ vous participez ?)

  1. Jeeks
    Sep 04, 2011 @ 19:41:13

    Aaaahh et bien voilà, vous touchez mon bon Druide au coeur du problème. Votre article est si juste! Plus je me promène en parfumerie classique plus j’en ressors la mine déconfite, « le sinus triste, la déprime nasale ». Quelle uniformité! Quel manque de matières, de courage, de tempérament. Peut-être est-ce aussi tout naturellement le reflet de notre société contemporaine formatée, standardisée…
    On comprend mieux du coup ce vif retour d’intérêt pour les parfums vintâââges…
    Pour moi la parfumerie mainstream s’est arrêtée à la fin des années 90.
    Restent les marques de niches qui se distinguent quand même. Même si le musc lessiviel revient aussi assez souvent dans ces mouvances hors pistes….

    Vous savez ce qu’il me reste à vous dire? : AU BOULOT MR. NEZHERBES!!! 😉

    Réponse

    • NezHerbes
      Sep 05, 2011 @ 21:20:13

      Je bosse je bosse mais ce n’est pas mon « full-time job » donc ça avance lentement !
      En plus c’est confidentiel et ça risque de le rester encore un petit moment…

      Bon, évidemment pour quelques « privilégiés » il y aura bien des échantillons un de ces jours ou un de ces mois mais… je ne sais pas encore très bien quand !
      (Je ne suis pas pressé de me faire écarteler en place publique c’est peut-être pour ça !? :D)

      Réponse

  2. heidi
    Sep 05, 2011 @ 06:25:25

    Souvent, ces derniers temps, quand je me suis trouvée dans une parfumerie genre séphora, nocibé, j’ai été prise d’un léger ennui, comme une lassitude: je me dis que je pourrai essayer tous les kenzo, tous les gaultier, tous les machin, tous les trucs, pour voir, par curiosité, mais souvent, quand je tente le coup, je suis juste déçue, ça fait flop. Alors d’avance, je sais bien que je ne vais rien de trouver de bien exultant alors à quoi bon… Quoi que je réussis encore à dénicher des trucs « sympa » ou un minimum intéressant (surtout parmi les parfums qui existent depuis longtemps)… Mais je préfère encore commander des échantillons sur internet à des marques plus confidentielles, ça satisfait un peu mieux mon goût de l’aventure!

    Réponse

    • NezHerbes
      Sep 05, 2011 @ 21:04:53

      Oui je vous comprends… A ma grande surprise, dans ma petite (plus ou moins) ville j’ai fini par découvrir de petites parfumeries diffusant pas mal de marques « de niches » et par voir que pas mal de Lutens se trouvaient chez Sephayette. Mais à défaut il est vrai que c’est bien pratique de pouvoir parfois commander des échantillons de choses qu’on ne trouve pas dans les boutiques de son secteur.

      A propos de Lutens, son récent « Jeux de peau » est à mon nez une immondice. Ca ne m’évoque en rien la peau et si la peau de quelqu’un sentait comme ça il faudrait qu’il s’inquiète car je pense qu’il serait gravement malade !
      Ca sent la baguette industrielle sur laquelle on aurait posé je ne sais quoi d’écœurant (du rosbeef aspergé de parfum ambré peut-être ?) manque de chance c’est assez linéaire, ça sent cette horreur de bout en bout !
      J’en avais la nausée et je ne comprends toujours pas comment une telle horreur indigne de ce grand nom de la parfumerie a pu arriver jusqu’au au stade de la commercialisation !
      D’ailleurs en fait c’est du Christopher Sheldrake, qui nous avait quand même heureusement habitué à mieux. Il fait quoi maintenant Lutens, il est à la retraite et il ne sent même plus ce qui sera proposé sous sa marque ?)

      Réponse

  3. heidi
    Sep 06, 2011 @ 05:55:32

    Ah oui, lutens, bah je vais me répéter, quoi que je ne suis plus sûre d’où j’ai pu écrire ça: après avoir essayé une bonne partie de sa gamme, j’en suis venue à la conclusion qu’il doit avoir une peau très très différente de la mienne, enfin, en partant du principe qu’il teste « ses » créations sur lui (j’avais tout essayé sur peau). Et en effet, jeu de peau a été l’un des pires, un gros effet « beurk », un effet répulsif comme je n’en ai eu… bah, qu’avec quelques uns de ses « parfums » (quoi que des trucs du genre viva la juicy, ou ange et démon, ça peut aussi avoir un bon potentiel « heurk »). Et le pire, c’est que jeu de peau avait été très très tenace. « lol ».

    Réponse

  4. Irène
    Sep 13, 2011 @ 20:04:22

    Cher ami, le parfum est triste par les temps qui courrent. C’est juste bon à perdre l’odorat !
    Ainsi que j’ai eu le regret de l’écrire – chez vous ou chez moi – je ne sens plus que le chimique.
    Quant à l’homme de ma vie, c’est pire : il éternue !
    Je ne porte donc que mes propres parfums mais cela me ferait plaisir de ne savoir oú donner du nez dans ce qu’on appelle une parfumerie.
    Ce qui devient grave, c’est que je n’ai même plus envie de les tester …
    Un jour la révolte se fera plus grave car tous les secteurs de notre vie sont de plus en plus formatés et rigidement.
    Moi, je n’ai pas ce problème ici, mais pour l’instant cela devient pour le commun des mortels qui désire faire une teinture, la course au trésor pour trouver de l’alcool non dénaturé. Je sais qu’il ne s’agit pas du même problème mais le résultat, lui, l’est.
    Allez, au boulot, que quelques uns/unes puissent un jour tester vos parfums !

    Réponse

  5. Svava
    Juil 08, 2012 @ 15:29:49

    Depuis fort longtemps, je ne supporte plus les parfums du commerce, par trop synthétiques… Je rechigne à entrer dans une parfumerie, car je sais que dans les secondes qui suivent je me retrouve avec maux de tête et nausées malheureusement non feintes! Et être confrontée sur mon lieu de travail à ces terribles effluves m’est une torture… qu’ont-elles donc à se vautrer dans leur bouteille de « parfum » tous les matins, nom d’un chien!

    Il y a plus de quinze ans, je m’étais offert un soliflore de rose (oui, je suis une rosa, surtout centifolia, addict… je sais, ce n’est pas très original…) par je ne sais plus quel parfumeur maître gantier (aux dires de l’étiquette)… j’ai tenté de le tenir le plus longtemps possible, il était délicieux… quelques années plus tard, j’ai voulu en racheter, mais il avait triplé de prix et était désormais hors d’atteinte pour ma bourse…

    Ma dernière tentative fut un Guerlain (il me semble), à la rose évidemment. Après une sobre vaporisation, je me suis retrouvée couverte de boutons (oui, je sais, sur la peau ce n’est pas top, bon bref…). Le flacon s’est à l’instant rageusement retrouvé dans la poubelle, c’était il y a dix ans.

    Résultat, comme Irène, je ne porte plus que ce que je fais moi-même. L’art de la parfumerie serait-il donc mort et enterré, étouffé par le standardisation sans saveur ni … senteur digne de ce nom? Je le refuse à corps et à cris, mais doit bien reconnaître que ce que je sens autour de (et malgré) moi m’attriste plus que de raison…

    Réponse

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