Livraison de licornes !

Je viens de recevoir divers échantillons précieux d’un autre passionné créateur de parfums naturels, Dominique AKA AbdesSalam Attar qui n’en vends pas (et n’en utilise évidemment pas dans ses parfums) mais m’a fait l’honneur de me considérer comme un ami à qui il voulait le faire découvrir.

Licorne Porte Musc

Licorne ou porte-musc ? (Petit montage basé sur une photo de F. Spangenberg)

Pourquoi une licorne ?    Parce que j’ai reçu un tout petit échantillon de teinture diluée de musc, le véritable, celui du cerf  (dit aussi daim, ou chevrotain) porte-musc, l’animal mythique du monde des parfums, désormais protégé car en voie d’extinction mais dont la sécrétion odorante fut tellement utilisée par le passé.

Il existe donc encore, pourvu que ça dure !

Je l’ai senti grâce à cet envoi transalpin encore inespéré il y a 8 j de cela.
Selon AbdesSalaam Attar, que vous pouvez également lire en anglais ici, le musc était à l’origine récolté à terre en forêt sans tuer l’animal. C’est du moins ce qui semble avoir été rapporté par Marco Polo suite à son passage au Kashmir à l’occasion de son voyage sur la route de la soie. Les serviteurs du roi le récoltaient ainsi une fois par an et il était interdit de déranger les daims…

C’est plus tard que l’homme n’eut plus la sagesse de préserver l’animal.

La situation étant préoccupante pour ce dernier  il faut espérer qu’une solution soit trouvée pour restaurer et protéger une population convenable !

Puis qui sait, peut-être qu’un jour si finalement l’homme redevenait assez sage nous pourrions refaire comme jadis, ramasser le musc à terre en évitant de nuire aux animaux ?

Mais revenons-en à ce petit échantillon de teinture très diluée.

Comment le décrire… Tout d’abord l’odeur est faible, alors que le musc peut paraît-il être senti à un kilomètre, il est certain que ce que j’ai reçu est extrêmement dilué.

Ensuite, quand on le sent finalement en répétant l’application d’une petite touche de teinture, même à cette dilution je suis devant la cage des fauves ou à côté de l’enclos des chèvres, des boucs surtout… Même si c’est une sécrétion qui n’a en fait de fécal, l’odeur présente clairement des facettes urine fermentée et excréments caprins !

J’y retrouve des facettes fromage bleu comme celles du bois de  Oud, un roquefort boisé finalement assez fin. Mais il y a aussi des notes plus fécales et rugueuses, comme celles de la civette ou de la pierre d’Afrique tout en restant plus fines, plus cuir. Monsieur Musc fait dans le cracra classe, la puanteur distinguée.

Au finalement c’est certainement à mon nez la plus envoutante des odeurs de sécrétions animales que je connaisse (à priori dans ce domaine il ne manque à ma mémoire olfactive que l’ambre gris…). J’y trouve aussi furtivement une étrange odeur de poignée de casserole ou de poêle à frire surchauffée. Si, vous savez, ces manches en résine ou plastique je ne sais pas trop, quand ils chauffent de trop. (Edit 25/07 selon Dominique/AbdesSalaam il s’agit en fait du caoutchouc de certain de ses flacons… Il m’a promis une version plus concentrée et sans caoutchouc pour après Ramadan… Du coup j’en reparlerai peut-être !)

Définitivement, je trouve ce musc bien différent de tout ce que l’on qualifie de muscs végétaux ou de muscs synthétiques (les muscs blancs n’en parlons pas).

En revanche je trouve ça assez proche de plusieurs matières végétales ou animales que l’on a étrangement pas souvent tendance à décrire comme musquées, à savoir, Oud, civette et pierre d’Afrique (voir castoreum mais je le mettrais quand même un peu à part car je le trouve un peu moins fécal, vraiment cuir et plus viande et urine…)

Voici donc enregistrée dans ma mémoire olfactive l’odeur du musc véritable, en espérant évidemment que le musc d’AbdesSalaam soit bien issu du cerf/daim porte-musc et non pas contrefait à son insu… mais il semble qu’il soit allé lui-même le sentir sur place, il y a donc peu de chance qu’il ait pu être trompé.

Je vais donc revoir une peu ma copie car ma reconstitution d’après descriptions avait les accents trop propres et limite fruités d’un musc végétal qui va être remplacé par un musc animal beaucoup moins propre sur lui.

J’imagine que le résultat devrait déjà être assez réaliste mais je vais également y ajouter également une ou deux huiles essentielles boisées particulières car à bien analyser la chose je me rends compte que ce sont bien des facettes boisées voir herbacées qui donnent la délicatesse de la mélodie d’arrière plan de ce fameux musc.

A venir prochainement suite à la réception de ce même colis… l’expérience de l’ambre gris, une matière à peu près aussi légendaire !

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2 Commentaires (+ vous participez ?)

  1. Irène
    Août 10, 2011 @ 16:03:01

    Qui n’en vend plus peut-être car j’en avais acheté chez lui …
    Pour moi, en note de fond, c’est clair sa participation est estimable, c’est le moins qu’on puisse dire !

    Réponse

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