Des antioxydants qui ne nous veulent pas que du bien…

Je pensais parler du BHT et du BHA mais finalement je ne parlerai pas du BHA… Je crois qu’en Europe il s’en trouve encore dans la cosmétique et malheureusement peut-être même l’alimentaire mais il semble désormais interdit en parfumerie !

La molécule de BHT

La molécule de BHT

Le BHT (Butylhydroxytoluène ou Hydroxytoluène butylé)

est un antioxydant synthétique (trop) largement utilisé dans les cosmétiques conventionnels et l’alimentation, car il est assez discret, très actif, résistant à haute température et pas trop cher. (D’autant qu’on peut l’acheter en Chine… :D)

Tout le monde (ou presque ?) a entendu parlé des antioxydants comme des substances utiles pour la conservation des produits alimentaires et cosmétiques voire bénéfiques à notre santé.

Dans les parfums ils améliorent la durée de vie d’un parfum en retardant les altérations par oxydations (couleur, odeur…). De plus, il est fréquent que les molécules aromatiques « fraîches » soient bien mieux tolérées par la peau que les mêmes molécules oxydées, qui deviennent à ce moment là allergisantes et sensibilisantes.

Pourtant, le conservateur n°1 (presque le seul d’ailleurs) des parfums actuels est un antioxydant au minimum suspect, voire dangereux !

La fiche de sécurité (visible ici) sur le site du CDC indique :

VOIES D’EXPOSITION : La substance peut être absorbée par l’organisme par inhalation de ses aérosols et par ingestion.
RISQUE D’INHALATION : Une contamination dangereuse de l’air est lentement atteinte lors de l’évaporation de cette substance à 20°C.
EFFETS DES EXPOSITIONS DE COURTE DUREE : La substance est irritante pour les yeux et la peau.
EFFETS DES EXPOSITIONS PROLONGEES OU REPETEES : Un contact répété ou prolongé avec la peau peut causer une dermatite.
La substance peut avoir des effets sur le foie.

On voit tout de suite que c’est une bonne idée d’en mettre dans les parfums. Et pourtant… ils n’en disent que le minimum.

Des études de toxicité par voie orale montrent que le BHT induit à doses aiguës comme à doses modérées chroniques des dommages hépatiques et rénaux chez les rats. En plus des effets sur le foie et les reins quand il est ingéré, le BHT appliqué sur la peau est associé à des effets toxiques dans les tissus pulmonaires et des risques cutanéo-muqueux. Les particules de BHT inhalées favoriserait l’apparition de crise d’asthme et par voie orale il pourrait causer une aggravation de la maladie chez l’animal. Il est également connu pour favoriser l’augmentation du taux de cholestérol.

Il existe de nombreuses publications scientifiques concernant ses effets toxiques.
Si vous lisez l’anglais il suffit de regarder le site de la bibliothèque de médecine des Etats-Unis : http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed?term=butylated%20hydroxytoluene/toxicity

Même à faible dose il induirait une hypertrophie au niveau du foie chez le rat, et des modifications biochimiques au niveau des poumons chez la souris.

Le plus préoccupant, bien que tout le monde ne soit pas d’accord sur ce sujet est que sans être réellement cancérigène en lui-même il favoriserait dans certaines conditions l’apparition ou le développement de cancers tels que celui du poumon.

En tous cas encore une chose sympathique que l’IFRA semble pourtant mieux accepter que des matières naturelles éprouvées de longue date sans leur trouver d’autres effets indésirables que d’occasionnelles irritations cutanées !

Une alternative au BHT ?   Il y a les tocophérols, plus connus sous le nom de vitamine E. C’est sans risques et ça peut même être extrait de sources naturelles… J’en ai déjà parlé ici et .

Elle n’est presque pas soluble dans l’eau mais un peu dans l’alcool, surtout à partir de  70°, et la quantité qu’il est possible de mettre en solution dans l’alcool semble suffisante à une bonne protection des parfums contre une oxydation prématurée.

Quand bien même ses performances seraient un peu en inférieures à celle du BHT, son innocuité devrait la faire préférer. Est-ce le petit surcoût qu’occasionnerait l’utilisation de vitamine E qui fait préférer le BHT aux industriels du parfum ?

Pour quelques jolies couleurs ou odeurs (synthétiques) mieux préservées des outrages du temps, le risque sanitaire est-il acceptable ?

Il semble que pour l’industrie la réponse soit oui, encore et toujours, tant que les pertes sont minimes et que le lien de causalité est indémontrable, on peut bien continuer à en utiliser. Et vous, vous en pensez quoi ?

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2 Commentaires (+ vous participez ?)

  1. Marie Ville
    Mai 11, 2014 @ 18:20:37

    Très intéressant, cet article sers à titre de prévention et est très clair! C’est désormais le temps de faire nos devoirs et d’exiger le meilleur pour notre futur et celui de ceux qui nous suivrons.

    Réponse

    • NezHerbes
      Mai 11, 2014 @ 20:56:08

      Merci, vous venez de trouver les mots justes également, si tout le monde exigeait qu’on respecte l’homme et sa planète ça irait mieux, il reste malheureusement encore du chemin à faire.

      Réponse

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